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Le bateau du futur sera volant et écologique

"C'EST CA LE PROGRES" - Le salon nautique ouvre ses portes à Paris ce samedi, L’occasion de parler des bateaux du futur. Il y a des projets complètement fous comme des ferrys qui vont voler sur l’eau.

Fini le mal de mer de notre jeunesse sur les grands ferrys pour aller en Angleterre. Maintenant, on va faire Cherbourg-Portsmouth en 40 minutes au lieu des 6 heures d’aujourd’hui en volant sur l’eau, sans aucune secousse.

Brittany Ferries, la compagnie bretonne de ferries a imaginé le "Seaglider", un hydroplaneur à moteurs électriques qui pourra transporter jusqu’à 150 personnes. Il s’élèvera à quelques mètres au-dessus de l’eau avec des pointes de vitesse allant jusqu’à 300 km/h et une autonomie de 800 km.

Au départ, il sera sur ses foils puis peu à peu, il sera en suspension comme un avion à basse altitude. Tenu en équilibre grâce à l’effet de sol. Une sorte de coussin d’air se forme entre les ailes et le sol, l’eau ici.

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Et puis, oublié l’hydroglisseur. Voici son petit-fils. Une sorte de Ferry Hydroptère à moteurs électriques et équipé de foils comme les bateaux de la récente Transat Jacques Vabre ou du Vendée Globe.

Il s’élève au-dessus de l’eau et survole les vagues, moins de traînées et donc moins d'énergie consommée. Il peut aller jusqu’à 80 km/h, avec 200 km d’autonomie.

Des bateaux volants et puis moins polluants. On parle déjà des premiers cargos à voile. C’est en cherchant un moyen de transport non-polluant pour acheminer les éléments de la fusée Ariane 6 depuis l’Europe vers Kourou en Guyane qu'ArianeEspace s’est tourné vers le cabinet d’architecture navale français VPLP Design dont les navires ont remporté les deux derniers Vendée Globe.

Un cargo à voiles modernes, qui emprunte sa forme et ses composants au secteur aéronautique et à la voile de compétition. Baptisé “Canopée”, ce roulier à propulsion hybride de 121 m de long et 23 m de large est équipé de quatre ailes articulées de 375 m², grâce auxquelles il devrait consommer 30 % de carburant en moins et économiser 7200 tonnes de CO2 par an par rapport à un navire conventionnel de la même taille.

Des bateaux pour rendre la mer plus propre

Les Chantiers de l’Atlantique ont quant à eux fait appel à Multiplast, une PME française spécialisée dans la construction de navires de compétition en matériaux composites, pour travailler sur une voile rigide nommée “Solid Sail”. Testée sur l’Imoca de Jean Le Cam à son retour du Vendée Globe 2016, cette technologie a été conçue pour propulser “Silenseas”, le futur navire de croisière hybride du chantier naval de Saint-Nazaire, un engin de près de 200 m de long équipé de trois voiles d’une surface totale de 4350 m2.

Des bateaux écologiques et maintenant intelligents qui vont en plus nous aider à rendre la mer plus propre. C’est justement la mission de ce trimaran autonome, Le Mayflower autonomous ship, qui se lance dans une traversée de l’Atlantique au printemps prochain.

Construit en aluminium, 15 mètres de long, propulsé par un moteur hybride diesel et électrique, mais dispose aussi de panneaux solaires pour fonctionner à l'énergie solaire.

Six caméras reliées à un système de vision par ordinateur, de 30 capteurs, radar, GPS, contrôle d'attitude, détection de la profondeur du fond, accéléromètre, et de 15 ordinateurs.

Les systèmes de vision par ordinateur qui devront parfaitement identifier son environnement, bouées, bateaux, débris flottants, baleines, et cela, quelles que soient les conditions météo et les vagues. L’algorithme a ingurgité des millions d'images.

Pour la partie logicielle, fournie par IBM, applications de gestion des capteurs et équipements connectés présents à bord, et logiciels de navigation. Parmi les projets de recherche, il y a “Fortune”, l'enregistrement du chant des baleines, la composition chimique de l'eau, et le calcul prédictif de l'énergie portée par les vagues. 

Frédéric Simottel