RMC

"Le plan, c’est de me rejoindre à la frontière": un Français explique comment il compte rapatrier sa famille bloquée en Ukraine

Alors que la Russie a annoncé lancer une opération militaire contre l'Ukraine et a commencé à bombarder une partie du pays, certaines familles françaises sont toujours bloquées là-bas. C'est le cas de celle de Yann, auditeur RMC, qui tente de s'organiser pour les récupérer le plus rapidement possible.

Le ministère français des Affaires étrangères a activé ce jeudi sa cellule de crise pour "coordonner l'appui et l'accompagnement des ressortissants français qui se trouvent encore sur le territoire ukrainien", après l'attaque de la Russie contre l'Ukraine, selon un communiqué.

"Des recommandations seront transmises à la communauté française en temps réel à mesure de l'évolution de la crise", souligne le Quai d'Orsay, qui avait appelé mercredi tous ses ressortissants à "quitter sans délai" l'Ukraine.

En attendant, certaines familles bloquées sur place, et parfois séparées, s’organisent comme elles le peuvent. C’est le cas de Yann, entrepreneur dans l’énergie à Poltava. Lui est en France, mais sa femme et son fils sont toujours en Ukraine.

“Ils sont à Poltava, dans l’Est de l’Ukraine à environ 200 kilomètres de la zone séparatiste. L’idée, c’est d’aller chercher les miens par la voie terrestre parce que toutes les voies aériennes sont fermées. Les postes frontières sont toujours ouverts et on espère que ça va durer un petit peu pour pouvoir évacuer ceux qui ne veulent pas se retrouver dans la tempête. Tout le pays n’est pas bombardé et il reste des endroits qui sont calmes et c’est le cas là où se trouve ma famille”, explique-t-il ce jeudi dans "Estelle Midi" sur RMC.

>> A LIRE AUSSI - Guerre en Ukraine: refuge dans le métro, fuite en voiture... Kiev se réveille dans le chaos

"Partir et laisser un pays, c'est mentalement compliqué"

Cependant, face à la situation qui inquiète dans le pays, il estime que la population va très rapidement avoir à faire face à deux problèmes. 

"Le problème qui va se poser, et mon épouse est allée faire les courses toute à l’heure, c’est qu’on a déjà les magasins qui sont vides et les distributeurs de billets qui sont pris d'assaut, donc on va se retrouver avec deux problèmes immédiats qui vont être la ressource et le moyen de paiement. On va avoir un problème de sécurité intérieure assez rapidement", indique-t-il.

Et puis il met aussi en valeur la difficulté que peuvent avoir certaines personnes à partir, à quitter leur pays. "Partir et laisser un pays, c'est mentalement compliqué. On avait pu en parler avant, mais là, on est devant la réalité et le fait est que ma famille n’est pas prête à partir. Moi, j’ai une entreprise à faire tourner en Ukraine, comment est-ce que je fais? Il faut qu’il puisse y avoir des options de repli vers l’ouest. J’ai confié les clefs de la boutique à mon fils de 19 ans parce que ma femme est quand même sous le choc. Le plan, c’est de pouvoir me rejoindre à la frontière si moi, je ne peux pas entrer sur le territoire, et partir vers la Roumanie, la Pologne ou la République tchèque, je ne sais pas encore".

Guillaume Descours