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80 km/h: "C'est la classe moyenne, la France qui paye tout, qui va subir cette politique"

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L'économiste Pascal Perri a estimé ce lundi dans les Grandes Gueules que la mesure d'abaissement de la vitesse maximale à 80 km\/h n'était qu'une "affaire de pognon" qui vise le porte-feuille des classes moyennes.

Après des mois de contestation et de polémiques, la mesure est entrée en vigueur ce dimanche: 400.000 kilomètres de routes sont désormais limitées à 80 km/h, et non plus à 90 km/h, avec l'objectif de réduire le nombre de tués sur les routes.

Alors que se profilent les grands départs estivaux, les automobilistes français et étrangers vont devoir lever le pied. La vitesse maximale autorisée est abaissée sur toutes les routes secondaires sans séparateur central (barrière, terre plein...), soit 40 % du réseau routier français.

Depuis l'annonce le 9 janvier, associations d'automobilistes et de motards ont multiplié les manifestations et pétitions face à cette mesure. Le débat à de nouveau été intense ce lundi dans les Grandes Gueules. L'économiste Pascal Perri a de nouveau estimé que, contrairement à ce qu'affirme la sécurité routière et le gouvernement, cette mesure n'a aucun fondement mathématique. 

"On doit tendre vers l’optimum, qui est zéro mort. Quelle est la bonne vitesse pour aboutir à cet optimum ? Il y a des endroits où le 80 s’impose. Il y a des endroits où il faut peut-être même réduire encore plus la vitesse."

"On voit que c'est une affaire de pognon"

A a ensuite raconté une anecdote personnelle qui lui a fait penser que cette mesure n'est que politique et n'a que pour objectif de toucher au porte feuille des Français.

"Il y a 10 jours je roulais entre Albi et Montauban, une nationale, c’est tout droit. Il y a cinq radars. Il n’y a aucun danger. On voit que c’est une affaire de pognon. On voit que c’est une affaire quasi-religieuse, ça n’a pas de sens cette mesure. Ce débat n’a aucun sens logique. Aucune logique mathématique."

Soulignant la forte hostilité du milieu rural à cette mesure, il déplore que ce sont de nouveau les classes moyennes qui vont "trinquer".

"Ce sont des gens contraints par la voiture. Qui n’ont pas d’autres solutions"

"C’est là où Macron et Philippe devraient se méfier, c’est une mesure qui va frapper 35 millions de gens qui vivent dans une ville de moins de 10 000 habitants ou à la campagne. C’est la moitié du pays. Ce sont des gens contraints par la voiture. Qui n’ont pas d’autres solutions. Ils sont dépendants. Ce sont eux, la France des classes moyennes, la France qui paye tout, qui vont être les victimes de cette politique."

Pour réduire drastiquement la mortalité sur les routes, Pascal Perri estime qu’il faut ainsi de vraies mesures courageuses. Comme s’attaquer à l’alcool au volant ou aux textos. 

"Est-ce que vous accepteriez que le pilote de votre avion boive un ou deux verres avant de décoller?", demande-t-il réthoriquement. 
J.A. avec les GG