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Elu député il continuera à gérer son entreprise: "Ça me permet d'avoir une indépendance financière"

Sylvain Maillard, 43 ans, élu dès le premier tour aux élections législatives dans la première circonscription de Paris, est aussi patron d'une PME d'import-export de composants électroniques. Invité des Grandes Gueules, il a expliqué comment il comptait s'y prendre pour allier les deux.

Photo officielle, récupération de l'écharpe tricolore et découverte du Palais Bourbon... Sylvain Maillard, nouvel élu de la République en marche (REM), a fait sa "rentrée" mardi à l'Assemblée nationale. Ce patron d'une PME d'import-export de composants électroniques, qui se présente comme un "militant depuis toujours au centre-droit", a remporté l'élection avec 50,80% des voix devant le LR Jean-François Legaret (17,76%) dans la première circonscription de Paris. Malgré tout, Sylvain Maillard a décidé de continuer à gérer son entreprise. Il explique ce mercredi dans les Grandes Gueules comment il compte s'y prendre.

"Ce qui est incroyable, c'est que l'on puisse se poser la question de savoir comment je vais pouvoir être à la fois chef d'entreprise et député. En réalité, c'est très simple, assure cet élu du IXème arrondissement de Paris. Que veut-on? Est-ce qu'on veut des gens hors-sol, qui sont collaborateurs parlementaires et, un jour, sont 'récompensés' en devenant députés ou maires, et font toute leur carrière en enchaînant des mandats éternels? Ou, alors, veut-on aussi des gens de la société civile qui ont un métier et qui viennent exercer un ou deux mandats et ensuite reprennent leur activité?"

"Mon entreprise, c'est mon patrimoine"

"Moi, je crois que fondamentalement les citoyens, en élisant Emmanuel Macron, ont envoyé le message qu'il est nécessaire de renouveler des visages, des personnels et des expertises, poursuit Sylvain Maillard. On a tellement besoin d'expertises à l'Assemblée nationale". Concrètement, ce nouvel élu va consacrer "deux demi-journées par semaine" à son entreprise. En effet, "je ne peux pas démissionner" de celle-ci parce que "c'est mon patrimoine". De toute manière, "on ne sort pas comme ça d'une entreprise".

"Ça me permet d'avoir une indépendance financière qui pourra me dire qu'à la fin de mon mandat, je pourrais reprendre une activité, que je ne serais pas obligé de cumuler (les mandats), poursuit-il. Evidemment, je ne fais pas tout, tout seul. J'ai un associé, une équipe avec moi. C'est organisé. J'ai déjà fait toute la campagne présidentielle et on a pu voir que cela fonctionnait bien. Mais je crois que le fait d'avoir cette chance d'être indépendant financièrement me permet d'être beaucoup plus libre".

M.R avec Les Grandes Gueules