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Faut-il rendre obligatoire, dans les publicités pour les voitures, des messages de promotion des transports en commun?

CA FAIT DÉBAT - Le député Matthieu Orphelin (ex-LREM) propose cet amendement, qui "va dans le bon sens" selon lui, dans la loi d'orientation des mobilités.

La loi d’orientation des mobilités est examinée depuis lundi en commission à l’Assemblée nationale, après avoir été adoptée par le Sénat. Près de 3.000 amendements ont été déposés. Dont une soixantaine par le député Mathieu Orphelin, un ancien de la République en Marche, aujourd’hui non-inscrit. Il défend donc l’idée d’inscrire dans toutes les publicités pour les voitures des messages en faveur des transports en commun.

On les voit partout, à la télé, sur les panneaux d’affichages à l’entrée des villes, aux arrêts de bus, sur votre smartphone, au cinéma, vous les entendez aussi à la radio. Ces publicités pour vendre les nouveaux modèles de voitures sont un véritable marché.

"On le fait dans d'autres domaines, ça me semble aller dans le bon sens"

3 milliards et demi d’euro par an. On estime qu’elles impactent 40 millions de personnes, c’est-à-dire tous les automobilistes de France. Et quand on interroge les consommateurs, ils sont de plus en plus nombreux, 39%, à attendre de ces publicités qu’elles véhiculent de vraies valeurs.

Voilà donc quelques bonnes raisons, selon Mathieu Orphelin, de profiter de ce mode de communication pour faire passer un message écologique.

"L'idée de l'amendement c'est d'avoir un message incitant à prendre le vélo ou faire du covoiturage. On le fait dans d'autres domaines, ça me semble aller dans le bon sens."

D’autant plus qu’en France, le marché de la pub est avant tout porté par les annonces des constructeurs français. Renault en tête, devant Peugeot et Citroën. A eux trois, ils représentent le deuxième secteur le plus présent dans la pub, derrière les annonces pour l’alimentation.

"Si cet amendement passe pourquoi pas, mais ça ne va pas changer la face du monde."

Des constructeurs qui ne se sont pas montrés réticents à l’instauration de message en faveur d’autres types de transport. Mais pour Yves Carra, porte-parole de l’Automobile club association, la mesure serait parfaitement inutile en plus d’être légèrement moralisatrice.

"Si cet amendement passe ce serait encore un peu pointer du doigt l'automobiliste mais pourquoi pas inciter les personnes qui n'y aurait pas déjà pensé. Il ne faut jamais oublier que la voiture est une liberté pas un obligation. Si cet amendement passe pourquoi pas, mais ça ne va pas changer la face du monde."

L’amendement sera examiné en commission avant le vote définitif de la loi d’ici cet été. Loi dont le principal objectif est d’acter la fin de la vente des véhicules essence et diesel avant 2040.

Matthieu Rouault