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"Je ne voterai pas un pistolet sur la tempe": le sénateur LR Alain Houpert s'oppose au pass vaccinal

Après un passage devant l'Assemblée nationale et sa majorité au pouvoir, le projet de loi de pass vaccinal va désormais se frotter au Sénat, sous contrôle de l'opposition. Début des débats mardi prochain, avant une éventuelle mise en application le 15 janvier.

Le projet de loi sur le pass vaccinal a été voté dans la nuit de mercredi à jeudi, après deux premiers jours d’examen compliqués devant l’Assemblée nationale. Place désormais au Sénat, où le texte doit être étudié mardi prochain avant, selon les souhaits du gouvernement, une éventuelle mise en application dès le 15 janvier.

Un exercice qui risque de s’avérer plus périlleux alors que le gouvernement ne possède pas de majorité au Sénat contrairement à l’Assemblée nationale. La principale force sénatoriale, Les Républicains (146 sièges sur 348), a elle-même été divisée sur l’adoption du pass vaccinal. Un tiers des députés LR ont voté pour, un tiers contre et un tiers s’est abstenu.

"Ce n’est pas parce qu’on est anti-pass vaccinal qu’on est anti-vaccin"

"Le pass sanitaire ne faisait pas de discrimination entre les Français. Le pass vaccinal oblige à ce que tous les Français soient vaccinés", déplore ce jeudi sur RMC Alain Houpert, sénateur LR de Côte-d’Or, qui a choisi de voter contre le pass vaccinal lors de son examen au Sénat. "Ce n’est pas parce qu’on est anti-pass vaccinal qu’on est anti-vaccin", précise le sénateur, qui s'était fait remarquer pour avoir soutenu la liberté de prescription d'hydroxychloroquine.

"A chaque fois on vote, le pistolet sur la tempe. Moi, je suis fils de résistant, je ne voterai pas le pistolet sur la tempe. Il n'y a même pas de date limite dans ce pass vaccinal" ajoute Alain Houpert. "J'ai écrit à Valérie Pécresse qui est pour, je n'ai pas eu de réponse. C'est une erreur. Il ne faut pas qu'elle aille dans les extrêmes ou la mouvance En Marche. Il ne faut pas diviser les Français comme l'a fait Emmanuel Macron", conclut-il.

Outre la transformation du pass sanitaire en pass vaccinal, les députés ont également voté pour la création d'un statut de repenti pour les détenteurs de faux pass: ils ne s'exposeront pas à une peine judiciaire, s'ils se font vacciner dans les 30 jours suivants la révélation de la fraude. Autre mesure votée dans le cadre du projet de loi, la possibilité d'un contrôle d'identité en plus du pass vaccinal lorsque le doute subsiste, par exemple à l'entrée des cafés.

Guillaume Dussourt