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"Les privilèges que s'accordent les politiques ne sont plus supportés par les Français", estime Charles Consigny

Les agressions contre des politiques se multipliennt ces dernières semaines. Emmanuel Macron a reçu une gifle à Tain-l'Hermitage mardi dernier. Jean-Luc Mélenchon s'est également fait enfariner à Paris samedi dernier.

Après Emmanuel Macron giflé la semaine dernière, c'est Jean-Luc Mélenchon qui s’est fait enfariner au début d’une manifestation contre l’extrême droite à Paris, samedi. Un nouvel exemple d’une violence qui monte et qui vise de plus en plus les politiques.

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Pour l’avocat Charles Consigny, si ces violences, et ces actes ne sont pas acceptables, ils témoignent d’un ras-le-bol des Français envers la classe politique en général. 

“Les privilèges que s’accordent les politiques ne sont plus acceptés par la population. Par exemple les innombrables chauffeurs qu’ils ont, ça, c’est quelque chose que les gens voient et qui est insupportable, les invitations diverses et variées qu’ils ont, les retraites qu’ils se votent, ou encore les avantages que conservent les anciens Premier ministre ou ministre de l’Intérieur comme Edith Cresson qui a toujours un chauffeur après 40 ans, payé par l’Etat… Eux ont l’impression que ce n’est rien, mais je pense que c’est un ensemble de choses qui ne sont plus supportées par la population”, estime-t-il.

Pour Barbara Lefebvre, cette montée de la violence envers les politiques n’est pas vraiment étonnante. En effet, elle estime qu’elle est dans la lignée des violences que peuvent subir depuis déjà des années, les professeurs, les soignants ou encore les forces de l’ordre. “Moi en 20 ans de carrière, je n’ai pas arrêté d’être insultée, j’ai eu des élèves qui ont essayé de me mettre des coups de boule”, indique-t-elle.

"Il faut arrêter de chouiner"

Une remarque qui a provoqué la colère de Charles Consigny qui a estimé qu’on se plaint beaucoup trop alors que la vraie violence est ailleurs.

“Tu as déjà été en comparution immédiate comment les gens sont traités. Même un clochard, qui est à la rue, qui est maltraité, tu verrais comment lui parle un procureur, et comment les traite la police, tu verrais ce que c’est que la vraie violence. À un moment, il faut arrêter de chouiner, il faut arrêter de pleurnicher. Si tu vas dans les tribunaux, là, tu en as de la vraie violence, va voir en prison comment sont traités les gens. Va voir comment est traité un avocat par l’administration quand il veut un parloir avec son client. Ça, c’est de la violence”, s’est emporté l’avocat.

Pour en revenir aux politiques, il a assuré que “si ces personnes étaient capables de faire une société plus juste, étaient capables de parler normalement aux gens sans leur envoyer la matraque dès qu’ils manifestent, crois moi qu’il serait traité différemment”, appuie-t-il.

Le youtubeur qui a revendiqué l’enfarinage de Jean-Luc Mélenchon et son complice présumé, doivent être jugés le 7 juillet pour “violences sur personne chargée d’une mission de service public”.

Guillaume Descours