RMC

Pas de dérogation au couvre-feu pour France-Allemagne: "Les jeunes vont se réunir dans un 15 m² autour de pizzas livrées par Uber Eats"

L'"After Foot" débriefe France-Bulgarie: "Ce n'est pas en un claquement de doigts que Benzema va tout changer dans l'équipe"

L'"After Foot" débriefe France-Bulgarie: "Ce n'est pas en un claquement de doigts que Benzema va tout changer dans l'équipe" - AFP

Il n'y aura pas de dérogation au couvre-feu à l'occasion de France-Allemagne mais Gérald Darmanin lui-même a demandé aux forces de l'ordre de faire preuve de "mansuétude". De quoi s'interroger sur le bon fondé de ce couvre-feu, déjà abandonné pour quelques privilégiés lors d'une demi-finale à Roland-Garros.

A l'occasion du match opposant les Bleus à l'Allemagne ce mardi, les supporters de l'Equipe de France espéraient une dérogation comme celle accordée aux fans de tennis à l'occasion de la demi-finale de Roland-Garros vendredi soir. Mais les autorités ont écarté tout décalage au couvre-feu à 23h. 

Les bars et restaurants, les cafés et les terrasses fermeront à 23h comme d'habitude, alors que la rencontre doit se terminer à 22h45 au plus tôt. De quoi laisser une toute petite marge pour rentrer chez soi. Alors le ministre de l'Intérieur a demandé de la "mansuétude" aux préfets de région après de longs mois de couvre-feu et de confinements. Dans son télégramme Gérald Darmanin précise cependant: "tout comportement mettant en danger la vie d'autrui doit être particulièrement sanctionné".

"Le risque c'est en intérieur, en extérieur il y a peu de risque. Même quand le virus circule peu comme aujourd'hui, s'il y a une personne qui est positive, le risque reste extrêmement faible", déplore le docteur Jérôme Marty sur le plateau des Grandes Gueules ce mardi.

>> A LIRE AUSSI - France-Allemagne: pas de dérogation au couvre-feu, mais Gérald Darmanin demande de la "mansuétude" aux préfets

"Belle hypocrisie gouvernementale"

"C'est une belle hypocrisie gouvernementale, il n'y a aucun bon sens dans cette histoire", assure de son côté l'ancien "gilet jaune" Benjamin Cauchy. "Autant le couvre-feu 18 et 19h empêchait d’avoir une vie sociale, autant la différence entre 23h et minuit elle est nulle", ajoute-t-il.

"Il va y avoir une incidence sociale. Les jeunes ne vont pas pouvoir aller au bistrot pour le match à cause du couvre-feu à 23h donc ils vont se réunir dans un appart de 15 m² autour de pizzas livrées par Uber Eats au lieu de faire travailler le restaurateur du coin. C'est une aberration", estime-t-il également.

"Si tu multiplies les dérogations, ça veut dire que ta règle est obsolète"

"Si tu mets des dérogations à une règle, un moment il faut faire sauter la règle", juge de son côté Marie-Anne Soubré. "Là ce n'est pas une dérogation mais une mansuétude, ça y ressemble fort. Si tu multiplies les dérogations, ça veut dire que ta règle est obsolète et que tu dois la faire sauter. Cela n'a plus aucun sens depuis qu'on peut rentrer dans les restaurants et y dîner.

"Il ne faut pas brûler les étapes. Le couvre-feu à 23 heures évite des scènes de liesse, d’ivresse, tant sur le plan moral que l’ivresse alcoolisée, où on va lever les gestes barrières, la distanciation sociale, se contaminer et alimenter les chaînes de contamination, comme ça s’est vu l’été dernier avec un rebond de l’épidémie à l’automne. Il faut tout faire pour ne pas se retrouver dans ce scenario", estimait ce mardi matin sur RMC Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches

>> A LIRE AUSSI - "Il ne faut pas brûler les étapes": pourquoi le maintien du couvre-feu à 23 heures reste important