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Hervé Morin dézingue (encore) son ancien mentor François Bayrou

Le président de la région Normandie s'est montré dur avec François Bayrou à qui il reproche une confiance aveugle en Emmanuel Macron et incompatible avec ses engagements passés.

La droite républicaine et le centre semblent en crise, coincé en tenaille entre le parti présidentiel d'Emmanuel Macron et le Rassemblement national de Marine Le Pen. Après la débâcle des élections européennes, plus de 70 maires et élus locaux venant parfois de la droite républicaine et du centre apportent leur soutien au président de la République. 

Hervé Morin, président de la région Normandie et leader du mouvement Les Centristes (ex- "Nouveau centre"), n'en fait pas partie et était l'invité de M comme Maïtena ce mardi sur RMC pour évoquer cette crise de la droite républicaine modérée.

"Il a couvert l’affaire Benalla avec des mots qu’on ne lui avait jamais entendus"

Sa principale réponse face à la crise actuelle: la décentralisation. 

"Il nous appartient de bâtir un projet sur lequel on essaie de rentrer sur des champs modernes, sortir de la centralisation, avoir des réponses aux questions qui n’en ont pas. Décentraliser massivement et enlever le pouvoir à cette technocratie qui nous considère comme des ploucs incompétents et démago."

"Ses combats l’amènent à distiller de l’eau tiède comme on en a quasiment jamais vu"

Il a glissé un petit mot sur son ancien mentor, François Bayrou, avec qui il s'est séparé politiquement en 2007. Il regrette son engagement aveugle auprès d'Emmanuel Macron.

"Je conserve une relation d’affection à son égard. Je ne le retrouve pas réellement dans les combats qu’il a pu mener ces dernières années qui l’amènent à distiller de l’eau tiède comme on en a quasiment jamais vu. Lui qui avait cette capacité de révolte, d’indignation et qui a couvert l’affaire Benalla avec des mots qu’on ne lui avait jamais entendus, capable de trouver en Macron quasiment le chef d’Etat parfait. C’est extraordinaire si on lui renvoyait à ses propres mots d’il y a quelques temps."
James Abbott