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C’est peut-être plus difficile de trouver de l’espoir en France que dans les pays en guerre

Reporter de guerre indépendante, Anne Nivat, invitée de Radio Brunet ce vendredi, vient de publier son livre Dans quelle France on vit (éditions Fayard). Pour écrire son ouvrage, la journaliste est allée à la rencontre de Français vivant dans six villes en crise.

Familière des conflits en terres irakiennes, afghanes ou tchétchènes, Anne Nivat porte pour la première fois son regard sur la France. À Évreux, Laon, Laval, Montluçon, Lons-le-Saunier, Ajaccio, elle raconte, dans son livre Dans quelle France on vit (éditions Fayard), le quotidien des Français dans un récit dénué de préjugés. Invitée de Radio Brunet ce vendredi, la journaliste a comparé son expérience sur les terrains de guerres avec celle qu'elle vient de vivre. 

"Quand vous êtes dans un pays en guerre, ce qu’il faut, c’est obtenir la paix. Mais nous, nous sommes en paix, alors où est l’espoir? C’est peut-être plus difficile pour nous de trouver de l’espoir par rapport aux personnes chez qui j’ai vécu, dans les pays en guerre", a-t-elle assuré.

"Là-bas, l’espoir c’était la paix. C’était de s’en sortir minute après minute, parce que le danger était de vie où de mort. Même si certains vivent sans beaucoup d'espoir, j’ai vu très peu de personnes profiter du système. La France est un pays avec une solidarité à nulle autre pareille".

"Le dernier rempart contre la révolte"

Pour illustrer ce marasme, elle raconte les échanges qu’elle a connu avec des gens croisés au hasard. "Je veux mentionner Sidonie qui est psychologue à Pôle emploi à Montluçon."

"Elle m’a dit les larmes aux yeux: 'nous sommes le dernier rempart contre la révolte. J’aimerai que les chefs le disent, que les politiques le disent, il y a des tas de gens pour qui on ne trouvera jamais d’emploi. Ils le savent, tout le monde le sait, mais c’est un jeu de dupe. Nous sommes la devant eux à leur faire croire que l’on va leur retrouver du travail’".

La journaliste reprend son récit et raconte un dernier échange avec un facteur qui l'a touché. "C’est dur et elle aime son métier passionnément. Comme mon facteur à Lons, qui aime son métier. Il l'exerce depuis 23 ans et touche 1 300 euros de salaire. Il ne s’appelle même plus facteur mais distributeur tout objets… Est-ce que ce n’est pas déshumanisant ça?", s'est-elle finalement questionné. 

Radio Brunet avec A. B.