RMC

Européennes: pourquoi les instituts de sondage n'ont pas su anticiper certains résultats

Les instituts de sondages sont-ils encore utiles? Lors de ces Européennes, les sondages n'ont pas su prévoir certains aspects du scrutin. Mais pour Jean-Daniel Levy, directeur de Politique et Opinion d’Harris Interactive, il ne s'agit pas de prévisions.

Les Européennes en France ont réservé quelques surprises aux votants, mais surtout aux personnalités politiques. Et la principale surprise, c’est la participation record qui n'était pas attendue: 51,3% de participation dimanche contre 44,2% en 2014. Les instituts de sondage avaient pourtant estimé qu’au vu de la situation en France depuis plusieurs mois, le taux d’abstention pourrait être très fort. 

Autre surprise, les scores des listes. Si les listes Rassemblement national de Jordan Bardella, et LREM de Nathalie Loiseau, étaient attendues pour les deux premières places, la troisième place de Yannick Jadot et sa liste Europe-Ecologie Les Verts, n’était pas prévue. Tout comme le score historiquement bas des Républicains. La liste conduite par François-Xavier Bellamy a seulement obtenu 8,5% des voix

"On n’a jamais parlé de prévision et parfois l’analyse de l’opinion peut-être plus ou moins lisible. Il peut y avoir des zones de certitudes et des zones d’incertitudes. Quand on interroge les électeurs le vendredi, les électeurs qui votent LREM sont 90% à nous dire qu’ils sont sûrs et certains de voter pour cette formation politique. Pareil pour les électeurs du Rassemblement national. Mais l’électorat Républicain, qui est un électorat âgé, structuré politiquement, était seulement 70% à nous dire qu’ils étaient certains de leur choix. Donc on voit qu’il y avait déjà des zones de fragmentation potentielle dans l’électorat des Républicains", précise explique Jean-Daniel Levy, directeur du Département Politique & Opinion d'Harris Interactive. 

"On est passé à côté sur un certain nombre d’aspects"

Il reconnaît que sur un certains nombre de points, les sondages n'ont pas réussi à anticiper ce qui allait se passer lors du scrutin.

"On peut regarder les enquêtes sous deux prismes. Le prisme de se dire, on est passé à côté sur un certain nombre d’aspects. Entre la dernière photographie qui est faite le vendredi et le résultat du scrutin dimanche, il y a de vrais différences notamment sur Les Républicains, Europe-Ecologie Les Verts et La France Insoumise", explique Jean-Daniel Levy. 

Il nuance néanmoins en affirmant que les sondages ne se sont pas trompés sur qui ont fini dans le bas du classement, ainsi que sur la percée du Parti animaliste qui a obtenu 2,2% des voix. 

Guillaume Descours