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Pourquoi la baisse du nombre de fumeurs pourrait être encore plus grande l'année prochaine

Invité de Radio Brunet ce mardi, le professeur Bertrand Dautzenberg explique pourquoi les chiffres annoncés par la ministre de la Santé, un million de fumeurs en moins en 2017, sont très encourageants.

Un million de fumeurs en moins en un an: c'est une baisse "historique" qu'a connue la France en 2017. Selon le gouvernement, ce serait grâce à l'augmentation du prix du tabac. Mais c'est plus compliqué que cela comme nous le décrypte un spécialiste dans Radio Brunet ce mardi.

Cela faisait longtemps que le pays échouait là où d'autres réussissaient. Car la part de Français adeptes du tabac stagnait depuis 2010, après avoir augmenté de 2005 à 2010. En 2017, une nette tendance à la baisse s'est enfin amorcée. Selon des chiffres de Santé publique France, qui a salué une "baisse historique", 26,9% des 18-75 ans fumaient chaque jour, contre 29,4% un an auparavant.

"Cette diminution est survenue avant les grandes augmentations de prix que l’on observe maintenant"

Bertrand Dautzenberg, professeur de médecine, praticien dans le service de pneumologie de l'Hôpital de la Salpêtrière à Paris, président de l'Office français de prévention du tabagisme, est donc venu souligner ces chiffres encourageants dans Radio Brunet ce mardi. 

Si Philippe Coy, président de la confédération des buralistes, remettait en perspective ces chiffres avec l’augmentation de l’achat des cigarettes dans pays frontaliers comme la Belgique, L’Espagne ou Andorre, le professeur Dautzenberg rappelle que les deux chiffres ne sont pas à analyser de la même façon.

"Ce n’est pas une mesure des ventes de tabac mais une mesure de la consommation par les Français. Et je suis d’accord de ce que dit Philippe Coy sur autre chose. Cette diminution est survenue avant les grandes augmentations de prix que l’on voit maintenant."

"On a un effet du changement d’image du tabac dans la société"

Il assure que, logiquement, les effets de la hausse des prix des paquets sur la consommation de tabac ne pourront s'observer qu'à partir de l'année prochaine. Et qu'ainsi la baisse devrait se poursuivre.

"Ce qui est pris en compte c’est ce qu’il s’est passé en 2016 et début 2017. Là, on a un effet du changement d’image du tabac dans la société, un effet du paquet neutre, de l’arrivée des cigarettes électroniques, un effet du remboursement des substituts nicotiniques. Et l'effet sur le prix du tabac, on le verra l'an prochain".
J.A. avec Radio Brunet