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Avec la diminution des contrats aidés, les banques alimentaires vont devoir "diminuer drastiquement leur activité"

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Le gouvernement veut supprimer 160.000 contrats aidés, un gros problème pour nombre d'associations.

Censés aider à l'insertion dans le monde professionnel, les contrats aidés, ces contrats subventionnés par l'Etat, concernent notamment l'Éducation nationale et le secteur hospitalier. Pour le gouvernement, qui prévoit une enveloppe de 293.000 contrats aidés en 2017 contre 456.000 signés en 2016 (et une nouvelle baisse en 2018), ces contrats sont "précaires, souvent à temps partiel" et ne peuvent être "l'instrument majeur de la politique de l'emploi".

Mais chez les Banques Alimentaires, qui fonctionnent avec 6.070 bénévoles et 497 salariés, comptent aussi sur 256 contrats aidés, soit plus de 50% de ses salariés. En 2016, elles ont récolté gratuitement 160.000 tonnes de denrées pour redistribuer plus de 212 millions de repas à 2 millions de personnes en France, soit à un bénéficiaire de l'aide alimentaire sur deux en France.

"Absolument nécessaire à la bonne marche des banques alimentaires"

L'annonce a donc frappé de nombreux jeunes travailleurs mais également le milieu associatif qui emploie beaucoup de personnes sous ce statut. C'est le cas des Banques Alimentaires, dont Jacques Bailet est le président. "Les Banques Alimentaires, c'est plus de 100.000 tonnes de denrées qui sont triées et stockées tous les jours. Cela fonctionne avec 250 contrats aidés qui suivent de façon informatique la sécurité alimentaire, qui gèrent l'entrepôt. Cela veut dire que nous allons devoir diminuer drastiquement notre activité. C'est à la fois négatif pour les banques alimentaires mais aussi pour les personnes qui sont sous ces contrats. Elles apprenaient vraiment un métier, après elles pouvaient aller dans le monde de l'agro-alimentaire. C'est un tremplin, et en plus c'est absolument nécessaire à la bonne marche des banques alimentaires. Ce que je demande, c'est que l'Etat ne nous retire pas le tapis sous les pieds".

Charlotte Peyronnet (avec A.M.)