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Allier: à Échassières, la ruée vers le lithium débute en France, entre impatience et appréhension

Le village d’Echassières (Allier) va devenir en 2027 l’une des capitales européennes de l’extraction de lithium grâce à l'ouverture d'une mine. Une belle opportunité économique dont se réjouit le maire de la commune, mais qui inquiète aussi du côté des associations de protection de l’environnement.

La course au lithium est plus que jamais lancée en France. Ce lundi 24 octobre, le groupe de minéraux industriels Imerys, avec le soutien du gouvernement, a annoncé le lancement d'un projet de mine de lithium dans l'Allier, plus précisément sur la commune d'Echassières.

Avec une ouverture prévue en 2027, il s'agira de l'une des plus grandes mines européennes de lithium. Ce métal alcalin est un composant essentiel notamment pour les batteries des voitures électriques, alors que les véhicules thermiques ne pourront plus être vendus dans l'Union européenne d'ici à 2035 et que la France dépend majoritairement de la Chine pour la production des batteries.

Pour Frédéric Dalaigre, le maire du village et invité de l’émission Apolline Matin sur RMC, l’arrivée d’une telle mine est perçue comme "une bonne nouvelle”. L’exploitation devrait d’ailleurs générer la création de 1.000 emplois.

“Cela va amener des emplois sur notre bassin de population. Qui dit emploi dit nouvelles familles potentiellement, des choses qui vont nous aider à maintenir l’école, à maintenir les commerces également, donc c’est super positif effectivement”

Sur la future mine de l’entreprise Imerys, le gisement représenterait environ un million de tonnes de lithium, ce qui permettra d'équiper 700.000 véhicules électriques en batterie chaque année. L'exploitation du lithium sur ce site polluera aussi deux fois moins qu'en Chine ou en Australie… C'est en tout cas ce que promet l'entreprise Imerys.

L'exploitation se fera d’ailleurs en souterrain. “Le concassage se fera de manière souterraine, et après la matière partira par voie souterraine dans des gros tuyaux sur une commune voisine (...). Donc il n’y aura pas d’impact au niveau routier, pas de nuisances à ce niveau-là”, explique le maire du village d’Échassières.

Une inquiétude environnementale

Toutefois, l’ouverture de cette mine de lithium, qui prendra place sous une carrière de kaolin déjà opérationnelle, ne fait pas l’unanimité chez les protecteurs de l’environnement.

Selon Arnaud Schwartz, le président de France nature environnement, ce projet est en effet déraisonné.

“Il y a une problématique de rejets toxiques à la fois d’eau, et de déchets inertes. On a pu constater au Chili des impacts très négatifs, des habitants qui ont été obligés de déménager, des régions entières qui sont dévastées”

Du côté de la municipalité, la nouvelle est encore très récente et celle-ci ne détient pas encore tous les détails de la future mine. Mais Frédéric Dalaigre, le maire d’Échassières, l’assure : “le groupe Imerys nous a annoncé que tout se ferait en concertation avec les élus locaux”.

Il reconnaît toutefois que “l’appréhension que l’on peut avoir c’est au niveau de la disponibilité en eau. Aujourd’hui l’entreprise est autonome en eau car ils ont de grosses réserves. C’est la seule appréhension qu’on peut avoir, mais ils nous ont rassuré en nous disant qu’on aurait des points réguliers à ce sujet”.

Aussi, à la question d’un risque de rejet dans les eaux, il n’y aura, selon le maire, “à priori pas d’utilisation de produits chimiques”. Mais Frédéric Dalaigre relativise : “on a eu les annonces seulement hier, et on n’a pas encore de détails, ça sera à suivre”.

Amandine Réaux, Alexis Lalemant