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"Avec 1.600 €, on survit": des négociations en cours chez Renault face à l'inflation

L'inflation galopante a déclenché des négociations salariales dans de nombreuses entreprises. Chez Renault, syndicats et direction se rencontrent ce jeudi. Et les salariés, nombreux à être en difficulté, espèrent des augmentations.

"Avant, avec 1.600 euros, on pouvait faire toutes les sorties qu'on voulait, ce qui n'est plus le cas du tout. On survit", déplore Ludovic, technicien de maintenance et salarié de Renault depuis 18 ans.

Pour lui comme pour de nombreux employés, les fins de mois sont difficiles. Avec l'inflation, la situation est devenue invivable. Par conséquent, des négociations salariales ont été déclenchées dans de nombreuses entreprises, dont Renault.

Les syndicats et la direction du groupe se retrouvent ce jeudi, pour en discuter. Une autre réunion a déjà eu lieu la semaine dernière.

"On ne voit pas le bout"

À la sortie de l'usine de Flins (Yvelines), les ouvriers sont unanimes. Une augmentation ou une prime sont nécessaires.

"On a pris un coup, un sacré coup même je dirais. Les plaisirs à côté, on n’arrive plus à les faire. On travaille tous les jours et franchement on ne voit pas le bout", regrette Mustafa.

Il utilise sa voiture pour venir et repartir du travail. Alors, avec la hausse du prix des carburants, il ne s'en sort plus. Il est à découvert de 100 ou 200 euros tous les mois.

Dans l'immédiat, faut-il une prime ou une augmentation des salaires? Les syndicats sont divisés.

Prime ou augmentation de salaire?

"Le combat, c’est de sortir tout de suite les salariés qui sont en difficulté de cette situation-là. Si la réponse apportée n’est pas suffisante, il peut y avoir des débrayages", prévient Ahmed Hadjaz, représentant CFDT.

Le syndicat espère des primes d'urgence d'au moins 800 euros. De son côté, la CGT plaide davantage pour des hausses de salaire et refuse l'idée de prime. "Une prime, au bout d’un mois ou deux, on n’en verra plus la couleur. Par contre, les factures continueront à tomber", souligne Olivier Augustin, de la CGT.

Certains groupes ont déjà annoncé qu'ils allaient mettre la main à la poche. Ainsi, les plus de 38.000 salariés d'Air France auront droit à une prime de pouvoir d'achat de 1.000 euros et une hausse des salaires de 5 %.

Victor Joanin (édité par Astrid Bergere)