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Crise énergétique: à Bègles, le maire interdit les coupures d'électricité et de gaz

Le maire de la commune de Bègles, près de Bordeaux, a pris un arrêté municipal interdisant les coupures de gaz et d'électricité sur le territoire de sa ville. Une mesure prise face à la hausse des demandes d'aides financières de ses administrés.

A Bègles, près de Bordeaux, les coupures d'électricité et de gaz sont désormais interdites. Le maire de la commune de 27.000 habitants, Clément Rossignol-Puech, a pris un arrêté municipal le 8 novembre dernier pour interdire de telles coupures. "Les difficultés de nos concitoyens sont de plus en plus grandes. Les familles modestes sont prises à la gorge par la hausse des prix de l'énergie, l'inflation et le déconfinement", explique-t-il ce jeudi sur RMC.

"Les demandes d'aides financières au centre communal d'action sociale explosent", assure l'élu, qui évoque plus de 40% de demandes en 2022 par rapport à 2019. Et de nouveaux profils se tournent vers les aides avec l'arrivée de jeunes déjà en difficulté financière ainsi que de familles monoparentales, pourtant avec un emploi.

En conséquence, le maire a décidé la suspension des coupures, estimant que la tension monte. "Cet arrêté n'a pas de date de fin, mais il sera supprimé si on trouve des solutions", assure Clément Rossignol-Puech. Car le bouclier tarifaire ne suffit pas selon le maire de Bègles, qui évoque "une première étape, pas juste socialement".

"Il faut un bouclier tarifaire progressif solidaire"

Car si l'augmentation des tarifs a été gelée pour l'instant, le bouclier tarifaire doit être allégé au 1er janvier, provoquant une augmentation de 15% des prix du gaz et de l'électricité.

Pour éviter la crise énergétique, Clément Rossignol-Puech veut faire payer les plus riches. "La justice sociale, c'est faire payer plus les plus riches, qui consomment jusqu'à 20 fois plus d'énergie en moyenne que les autres. Il y a des consommations électriques superflues. Chauffer son appartement à plus de 25 degrés, chauffer sa piscine extérieure, ce sont des choix de vie. Et ces 15% d'augmentation des tarifs de l'électricité et du gaz, les plus riches ne les sentiront pas", estime l'élu.

Dans ces conditions, il plaide pour un bouclier tarifaire sur le modèle allemand. "Il faut un bouclier tarifaire progressif solidaire, comme en Allemagne. Les premiers kilowattheures sont très bas et plus vous consommez, plus le bouclier tarifaire est allégé", explique le maire.

"Il va y avoir des profiteurs"

Une décision saluée sur le plateau des "Grandes Gueules": "Je salue parce qu'il y a beaucoup de personnes qui avant la crise énergétique déjà, ne pouvaient pas payer leurs factures", assure Kaouther Ben Mohamed, présidente de l'association Marseille en colère.

Mehdi Ghezzar soutient également l'initiative du maire mais craint que certains en profitent: "Comme dans toutes circonstances, il va y avoir des profiteurs, des vautours qui vont en profiter et ne pas payer. Tout le problème est là", craint-il.

Guillaume Dussourt