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Prix de l'énergie: Christiane Lambert craint "des conséquences énormes sur la production agricole"

Si les prix de l'énergie vont peu augmenter pour les particuliers grâce au bouclier tarifaire, la situation est différente pour l'agriculture. Jeudi, les représentants des exploitations, des industriels et de la grande distribution ont signé un communiqué commun pour alerter. Christiane Lambert, présidente de la FNSEA et invitée de "Charles Matin" ce vendredi sur RMC, affirme que certaines factures ont été multipliées par cinq, huit et même dix pour certains.

"Si on doit impacter le coût réel de l’énergie de nos nouveaux contrats, qui sont multipliés par cinq, par huit ou par dix, nous ne pourrons pas. On ne va pas vendre la baguette 10 euros ou le kilo de pomme 20 euros, le consommateur ne s’y retrouvera pas", explique Christiane Lambert, présidente de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), dans "Charles Matin" ce vendredi sur RMC.

Jeudi, un communiqué commun entre les producteurs, les représentants des industriels et la grande distribution a été publié. Si ces différentes entités, qui sont plus généralement en opposition, partagent un même communiqué, c'est que "l’explosion du prix de l’énergie va avoir des conséquences énormes sur la production agricole: chez le producteur, chez l'industriel et chez le distributeur", souligne Christiane Lambert.

Les producteurs agricoles n'ont d'autre choix que d'utiliser de grosses quantités d'énergie.

"Par exemple, quand on récolte des pommes de terre ou des pommes, on les stocke dans des frigos pour pouvoir les distribuer toute l’année à bonne conservation et en bonne condition", souligne Christiane Lambert.

"Les vaches n'arrêtent pas de produire le lait"

Si certaines usines ont décidé d'arrêter ou de mettre en pause leur production, c'est impossible pour les agriculteurs. "Les vaches n’arrêtent pas de produire le lait donc il faut le collecter tous les jours, il faut la transformer. C’est pareil pour les betteraves ou les pommes de terre. Pour transformer une betterave en sucre semoule, il y a beaucoup de processus de transformation, beaucoup d’énergie et donc nous sommes pleinement impactés", se désole-t-elle.

La présidente de la FNSEA s'inquiète pour la souveraineté alimentaire et pour la santé. "C’est le rôle de l’État de venir à notre secours comme c’est fait dans d’autres pays, pour passer ce cap. C’est un enjeu d’alimentation et de santé publique. Si les Français n’arrivent pas à manger à leur faim ou acheter leur produit, il y aura d’autres problèmes."

"Nous allons plafonner les prix" assure Olivier Véran

Ce qu'ils demandent, c'est "un prix plafond pour le gaz qui est utilisé dans la production d’électricité et le maintien d’un volume d’arenh, c’est-à-dire l’accès aux fournisseurs alternatifs. qui reste au même niveau qu’en 2022 et qui ne soit pas à des niveaux affolants comme c'est le cas aujourd'hui".

"Nous allons plafonner les prix. D’ici à la fin octobre, nous aurons des mécanismes en place qui permettront de retrouver des eaux plus calmes pour les prix du gaz et de l’électricité", dévoile, de son côté, Olivier Véran, porte-parole du gouvernement, invité sur BFMTV et RMC, ce vendredi.

Il ajoute: "Nous demandons aux pays producteurs, notamment la Norvège et les États-Unis, de faire en sorte que les prix que nous ayons à payer, alors que nous sommes solidaires vis-à-vis des sanctions appliquées à la Russie, ne soient pas quatre fois les prix du marché".

Il affirme d'ailleurs qu'il existe "des dispositifs type bouclier tarifaire qui sont en œuvre" pour les agriculteurs. "On continue de rencontrer les organisations représentants les agriculteurs pour les accompagner et faire en sorte qu’il n’y ait pas de répercussion forte sur les prix pour les consommateurs", conclut Olivier Véran.

AB