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Inflation: Michel-Edouard Leclerc annonce 3,5% de hausse des prix "dans les deux mois"

Michel-Edouard Leclerc, le patron du groupe Leclerc, est venu faire le point, dans "Apolline Matin" ce jeudi sur RMC, sur les inquiétudes liées à la hausse des prix générale constatée depuis plusieurs mois.

Des temps incertains, et des prix qui continuent de grimper. L'inflation qui avait débuté avant le début de la guerre en Ukraine continue d'inquiéter dans de nombreux pays du monde. L'invasion de l'Ukraine a entrainé "une incertitude considérable" pour les perspectives économiques dans l'Union européenne comme l'explique Christine Lagarde, directrice de la banque centrale européenne.

Selon elle, les prix de l'énergie devraient rester en hausse, et les prix des produits alimentaires devraient aussi être affectés, a ajouté la directrice, l'Ukraine et la Russie représentant 30% des exportations de blé au niveau mondial. L'Insee a même annoncé ce jeudi qu'avoir atteint 3,6% sur un an en février, la progression de l'indice des prix à la consommation s'établit à 4,5% en mars.

"Il va y avoir, en moyenne en France, dans les magasins une hausse de 3 / 3.5%"

Michel-Edouard Leclerc, invité de RMC ce jeudi matin, confirme que cette tendance à la hausse des prix et estime qu'elle se fera ressentir en magasin dans les deux mois qui viennent à hauteur de 3 / 3.5%.

"Il y a une vraie inflation qui va se traduire dans les deux mois qui viennent. Il va y avoir, en moyenne en France, dans les magasins une hausse de 3 / 3.5%. On la temporise, la concurrence fait qu'on ne veut pas être les premiers à augmenter, mais c'est vrai qu'il va y avoir une inflation que les consommateurs ont commencé à constater."

"Toute l'inflation sur tout ce qui se passe en Ukraine, ça c'est encore purement spéculatif, et il n'y a pas de raisons de céder à la panique"

En revanche il estime que ces hausses des prix sur l'alimentaire ne sont pas directement liées à la guerre en Ukraine.

"Toute l'inflation sur tout ce qui se passe en Ukraine et autour de la mer Noire, ça c'est encore purement spéculatif, et il n'y a pas de raisons de céder à la panique. La hausse du prix des pâtes, la hausse chez les boulangers, la hausse sur l'huile de tournesol, tout ça c'est sur des stocks de l'année dernière. Il y a eu des hausses rationnelles on va dire. (...) Le blé de demain n'a pas encore été semé, ce n'est pas encore la saison. (...) Mais il y aura des tensions inflationnées car la Russie ne va pas exporter",

"Il y a des producteurs de blé qui ont du grain et qui le gardent en stock en attendant que le cours monte avant de le vendre, y compris en France"

En revanche, Michel-Edouard Leclerc estime que certains ne jouent pas le jeu et profitent des tensions actuelles pour tirer un avantage de la situation.

"Il y a des industriels et surtout des groupements professionnels qui alertent tellement fort sur tous les médias qu'il va y avoir de la pénurie, qu'ils la provoquent. Mais il y a des producteurs de blé qui ont du grain et qui le gardent en stock en attendant que le cours monte avant de le vendre, y compris en France. Alors qu'ils pourraient faire une ristourne aux éleveurs..."

J.A.