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"On va dans le mur": les restaurateurs réclament eux aussi un bouclier tarifaire sur l'énergie

Le représentant des restaurateurs de France, Didier Chenet, va plaider la cause des restaurateurs à Bercy ce jeudi. Alors que les boulangers ont reçu des garanties du gouvernement mercredi, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a indiqué que la situation des restaurateurs est très différente. Une "erreur" selon Didier Chenet, invité de "Charles Matin" ce jeudi sur RMC et RMC Story.

Les restaurateurs vont être reçus par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, ce jeudi après-midi à Bercy. Alors que les boulangers, en grande difficulté face à la hausse des prix de l’énergie, ont obtenu mardi la résiliation, sans frais, de leurs contrats énergétiques, les restaurateurs ne veulent pas être oubliés par le gouvernement.

Mercredi, le ministre de l'Économie a affirmé sur France Inter que la situation entre les deux professions était très différente. “Chacun n’aura pas le même dispositif”, a-t-il prévenu.

Une position que ne comprend pas Didier Chenet, président du Groupement national des indépendants hôtellerie-restauration.

“Monsieur Bruno Le Maire commet une erreur quand il dit qu’il n’y a que les boulangers qui sont dans cette situation. Pour nous, le coup des matières premières, en moyenne sur l’année 2022, c’est une augmentation entre 12,5 et 13%. Nous avons également négocié une nouvelle grille de salaires qui fait que nous avons augmenté les salaires de près de 16%. Quand vous faîtes le cumul de ces deux chiffres, ça vous fait en moyenne une hausse du coup pour nos entreprises de 10 points. Or nous avons une moyenne de rentabilité de 8 et nous sommes déjà à 10 avant même que les coûts de l’énergie n’arrivent”, explique-t-il dans "Charles Matin" ce jeudi sur RMC et RMC Story.

Les reports de charge, insuffisants?

Alors que vont demander les restaurateurs? Didier Chenet estime que l'explosion du prix de l'énergie est de la responsabilité du gouvernement, comme pendant la crise Covid.

“Lorsqu’il y a eu la crise du Covid, le gouvernement a mis en place le quoi qu’il en coûte. C’était quoi? C’était une réponse de responsabilité du gouvernement face à une décision qu’ils avaient prise, à savoir fermer nos établissements. Nous demandons exactement la même chose concernant l’énergie: une réponse de responsabilité du gouvernement", indique-t-il.

"Aujourd'hui, pourquoi sommes-nous dans cette situation? Il faut oser le dire, c’est parce qu’il y a eu des choix plus qu’hasardeux quant à l’indépendance énergétique de la France et notamment avec l’abandon du nucléaire. On se retrouve d’une situation où on était indépendant, et même vendeur d’électricité, à une situation où on est dépendant du gaz et en même temps acheteur. Et c’est une décision qui a été prise par l’Etat”, poursuit-il.

Au ministère de l'Économie, on souligne que les différentes aides mises en place par le gouvernement, dont l'amortisseur électricité appliqué directement par les fournisseurs d'énergie, ainsi que le report de charges fiscales et sociales, "sont ouvertes aux boulangers, aux restaurateurs, aux bouchers et à n'importe quel autre secteur qui remplirait les critères d'éligibilité". Mais les restaurateurs veulent plus que des simples reports de charges.

"Ça ne résout rien, ce n’est que mettre la poussière sous le tapis parce qu’il faudra bien un beau jour finir par payer. Nous, ce que nous demandons, c’est la mise en place d’un bouclier tarifaire qui fasse que nous soyons préservés quant à la hausse du prix de l’énergie”, appuie Didier Chenet. Sinon, "on va dans le mur", prévient ce représentant des restaurateurs.

Guillaume Descours