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Faire croire que le code du travail est responsable du chômage est un mensonge pur et simple

Philippe Martinez n’est pas satisfait du calendrier proposé par le gouvernement, qui souhaite faire passer sa réforme sur le code du travail avant la fin septembre. Invité dans Bourdin Direct, le numéro un de la CGT a détaillé les points qui l’opposent à la mesure phare du président Macron.

Les discussions se poursuivent entre les partenaires sociaux et le gouvernement au sujet de la réforme du code du travail. Philippe Martinez a rencontré lundi le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail Muriel Pénicaud. Premier point de discorde: le calendrier, que le leader de la CGT souhaite rallonger pour pouvoir discuter davantage. Dans Bourdin Direct, il affirme que des "conflits majeurs" existent.

"On a démarré la campagne électorale, avec une volonté ferme du candidat Macron de régler ça très rapidement, pendant les congés. Je constate qu’il y a besoin de discuter. Quand on veut négocier, on s’écoute, on accepte les propositions des syndicats. La CGT en a fait plusieurs. Il y a des conflits majeurs, comme le plafonnement des indemnités prud'homales. Comment peut-on chiffrer le prix d’un licenciement? On n’est pas au supermarché. Il y a des situations familiales différentes, des anciennetés différentes. C’est un faux débat de dire que vouloir anticiper un licenciement en cas d’embauche serait quelque chose d’urgent".

Pour Philippe Martinez, la réforme doit avoir lieu, mais pas avec les premières mesures avancées par le gouvernement. "Le vrai problème pour la CGT, c’est de revenir sur la hiérarchie des normes, c’est-à-dire le fait de respecter des droits pour l’ensemble des salariés. Après on pourra négocier en entreprise. On veut toucher la loi travail qui n’est pas bonne. On veut une réforme mais pour l’instant elle n’est pas précise. On ne sait pas ce qu’il veut faire, si ce n’est deux ou trois mesures. Les prud'hommes c’est non, le référendum d’entreprise c’est non aussi, mais on veut revoir le code du travail. Ce n’est pas non à tout, on fait des propositions. Faire croire que c’est le code du travail qui est responsable du chômage en France c’est un mensonge pur et simple".

Bourdin Direct avec A. B.