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Grand-Est: la forge de Custines ferme à cause des coûts de l'énergie, 32 salariés bientôt licenciés

À Custines en Meurthe-et-Moselle, la forge du groupe LBA va fermer ses portes et licencier 32 personnes. La raison? La hausse des coûts de l'énergie qui porte "l'estocade" à l'usine explique la direction.

C'est malheureusement peut-être une première en France. La forge du groupe LBA à Custines (Meurthe-et-Moselle), près de Nancy, a annoncé mardi à ses salariés qu’elle allait les licencier d’ici la fin de l’année invoquant la flambée des coûts de l'énergie: 32 personnes vont se retrouver au chômage.

Dans cette entreprise qui produit des alliages pour l’industrie, la facture de gaz et d’électricité doit être multipliée par 10 en janvier prochain. Impossible a tranché la direction qui a décidé de fermer l’usine qu’elle avait pourtant reprise il y a 7 ans seulement.

"C'est un peu du gâchis"

Le visage noirci par une journée de travail, les ouvriers de la forge de Custines se retrouvent devant les grilles de leur usine. Bernard a du mal à cacher son amertume: "C'est un peu du gâchis parce qu'ils auraient pu encore tourner quelques années et emmener plusieurs personnes jusqu'à la fin de leur carrière. Va falloir se bouger pour avoir du travail là".

La direction de l’entreprise met en avant l’explosion des prix de l’énergie. Les 32 salariés comme Patrice, 58 ans, dont 25 dans les forges, seront tous licenciés au mois de décembre: "On s'en fout de nous en fait. L'énergie je veux bien, mais il n'y a pas que ça. L'Ukraine, tout ça, ils nous mettent tout sur le dos. C'est malheureux, qu'est-ce que ça va devenir tout ça maintenant?", interroge l'ouvrier polyvalent.

"Il y a eu des problèmes de gestion"

Certes les prix de l’électricité et du gaz ont été multiplié par 10, mais cela n’explique pas tout dénonce Yohann Claudon, représentant du personnel Force ouvrière: "L'énergie nous plombe, mais il y a aussi la perte de marchés. On n'est plus rentable, on n'a plus de pièces à frapper, on n'a plus de clients. Il y a eu des problèmes de gestion de la part de la direction générale. Malheureusement, c'est nous qui en subissons les conséquences".

La direction jointe par RMC affirme très précisément que "les raisons qui nous amènent à envisager la fermeture ne sont pas seulement l'énergie, il y a d'autres causes, mais le coût de l'énergie, c'est l'estocade."

Une délégation de salariés sera reçue par la préfecture à Nancy la semaine prochaine, mais sans véritable espoir d’empêcher cette fermeture.

Nicolas Ropert (avec G.D.)