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Où sont les saisonniers? L'hôtellerie - restauration confrontée à une grosse pénurie cet été

RMC s'est rendue au Grau d'Agde, dans l'Hérault où, comme partout sur les côtes françaises cet été, le manque de personnel saisonnier est criant.

La France manque cruellement de saisonniers sur la côte Atlantique, en Bretagne, dans la région Paca... Cuisiniers, serveurs, voire plongeurs font cruellement défaut cette année dans les restaurants, les cafés ou les hôtels situés en bord de plage, alors que les vacances d'été sont déjà bien entamées. C’est le cas notamment en Roussillon, ou en Languedoc. Selon l’UNIH Occitanie, les patrons des établissements du Languedoc et du Roussillon auraient besoin de 3.000 cuisiniers, serveurs ou plongeurs supplémentaires pour assurer le bon fonctionnement de leurs structures.

"Pas une entreprise de notre secteur qui n'a pas de problèmes de recrutement"

"Il n'y a pas une entreprise de notre secteur d'activité qui n'a pas des problèmes de recrutement", regrette Hubert Jan, responsable du syndicat UMIH restauration. "On complétait beaucoup avec des étudiants volontaires qui ont l'habitude de venir travailler chez nous, je suppose qu'ils sont plutôt en vacances cet été, ironise-t-il. Donc je ferme comme je le fais en hiver, deux jours de suite les lundi et mardi. Pourtant les autres étés on trouvait, ça fonctionnait, là ça nous pète à la figure cet été".

"C’est de plus en difficile, moi je suis là depuis 19 ans, et chaque année on a de plus en plus de mal à avoir des CV, ne serait-ce que des CV !", déclare, dépité, Pascal Troisi, gérant d'un bar au Grau d'Agde, sur la Méditerranée.

"Boulot très dur"

Dans son bar, où s'est rendue RMC, travaille Damien. Il le reconnaît, pour faire ce métier, il faut être passionné. "La réalité du boulot est très dure évidemment. On a des horaires qui sont assez variables, on commence très tôt et on finit très tard".

Comme Damien, Jordan est également saisonnier. Il travaille ici aussi pour la saison et doit s’adapter à tous les situations. "Parfois, je suis tout seul car on n’a pas le choix: je suis au bar, je fais les plateaux, je fais les desserts, parce qu’on ne fait pas que le bar et les limonades, on fait aussi le restaurant parce qu’il n’y a pas de main d’œuvre et on manque de personnel". Dans ce contexte, la grande crainte de Pascal Troisi et de ses équipes, c'est qu'il y ait des défections.

P. G. avec J-W. Forquès