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Réforme des retraites: pourquoi certains devront travailler 44 ans, au lieu de 43 ans

Les annonces pour la réforme des retraites ont provoqué de la colère. Pour certains qui ont des longues carrières, qui ont souvent commencé avant 20 ans, le projet leur demande de cotiser 44 ans au lieu de 43 ans pour que le système soit à l’équilibre.

C’est un des principaux points de crispation des annonces de la réforme des retraites. Certains devront travailler un an de plus que les autres, soit cotiser 44 ans au lieu de 43, comme le reste des actifs. Il y a d'abord ceux qui ont commencé à travailler à l’âge de 20 ans, qui devront cotiser 44 ans pour atteindre les 64.

Alexandre, un jeune carrossier de 22 ans, n’accepte pas de devoir travailler une année de plus. “Travailler 44 ans au lieu de 43, je trouve ça un peu injuste”, indique-t-il. D’abord apprenti, il a été recruté dans cet atelier car il a toujours voulu faire le même métier que son père, un métier difficile physiquement.

“Mon père a commencé comme moi, au même âge que moi. D’abord en carrosserie, puis en peinture. Maintenant, il a une cinquantaine d’années, et il commence à avoir des problèmes de dos”, assure-t-il.

"Pénalisant" pour l'employeur

Carlos Cordeiro, le gérant du garage, pense que rallonger ces carrières longues d’un an peut entraîner des difficultés pour les salariés qui approcheront de la retraite.

“On redoute surtout cette année de trop. Avec des absences de salariés un peu plus récurrentes parce qu’ils sont en fin de carrière, parce que physiquement, ils ne peuvent plus. On sera obligé de remplacer la personne tout en la gardant dans l’effectif et donc ça nous coûtera des charges en plus. C’est pénalisant”, dénonce-t-il.

Le patron espère que les nouveaux critères de pénibilité pourront permettre à ses salariés de partir à la retraite au bon moment.

Il y a également ceux qui ont commencé encore plus jeunes, à 18 ans ou avant. Eux bénéficient du dispositif carrière longue, et pourront partir plus tôt, mais sous réserve d’avoir cotisé, eux aussi, 44 ans.

Le gouvernement répond que le système a malgré tout été amélioré puisque sans la réforme, certains auraient dû aller jusqu’à 45 ans de travail. Selon lui, beaucoup de ces métiers où l’on commence tôt seront éligibles aux critères de pénibilité. Enfin, l'exécutif assume au nom de l'"équation budgétaire". Un ministre, perplexe, a pourtant du mal à comprendre et imagine même que le tir sera rectifié pour ceux qui ont commencé avant 18 ans. A Matignon, on confirme que plusieurs scénarios ont été chiffrés. Et la porte n’est pas fermée aux discussions.

Jean-Wilfrid Forquès et Sébastien Krebs avec Guillaume Descours