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Violences dans les manifestations: "On craint désormais un mort d'un côté comme de l'autre"

REACTIONS - Une voiture de police attaquée et incendiée alors même que des policiers manifestaient contre les "casseurs": les rassemblements inédits pour dénoncer la "haine anti-flics" en marge de la mobilisation contre la loi travail ont été marqués mercredi par une contre-manifestation qui a dégénéré à Paris.

Alors que plus d'un millier de policiers (7.000 selon les organisateurs de la manifestation) s'étaient rassemblés pour dire "stop à la haine anti-flic", une quinzaine de casseurs ont brisé les vitres et lancé un projectile en flamme dans un véhicule de police à quelques centaines de mètres de la manifestation. Deux fonctionnaires étaient à l'intérieur, ils ont réussi à en sortir avant que les flammes ne gagnent la totalité de l'habitacle.

Pour Luc Poignant, membre d'Unité SGP Police Force Ouvrière, avec cette agression, on a encore franchi une étape dans la violence contre la police. "On a vraiment le sentiment que les personnes qui ont attaqué la voiture voulaient tuer les deux personnes à l'intérieur, s'emporte-t-il. C'est un acharnement sur une voiture. Il fallait casser le carreau, il fallait pénétrer pour porter atteinte aux fonctionnaires de police à l'intérieur. Ça va donc beaucoup trop loin".

"Tout peut se passer maintenant"

"On est arrivé à un point où il faut absolument stopper cette montée de violence, poursuit-il. Aujourd'hui, on craint soit un drame d'un côté, soit de l'autre; un mort d'un côté comme de l'autre. Et c'est passé à trois fois rien avec mes collègues agressés". De son côté, Erwan Guermeur, délégué syndical Unité SGP Police FO de Seine-Saint-Denis, dénonce un acte odieux et demande des sanctions exemplaires: "Pour nous, il s'agit d'une tentative d'homicide. C'est totalement incompréhensible et lâche".

"Je suis très inquiet car cela veut dire qu'un stade est passé. Tout peut se passer maintenant, alerte-t-il encore. On peut prendre un policier en pleine journée dans Paris et tenter de le brûler. Que fait-on pour empêcher ça?". Il poursuit: "J'espère que les personnes seront identifiées et que les peines seront exemplaires. Cela dissuadera peut-être certains de réitérer ce genre de faits". Erwan Guermeur regrette aussi qu'"au quotidien des individus s'en prennent aux forces de police tout en prenant des condamnations pénales qui ne signifient rien". "On attend donc des réponses pénales très fermes, dans une durée qui donnerait un message".

M.Ricard avec A.Manoli et B.Ballet