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Grippe aviaire: "16 élevages concernés" selon Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation

Julien Denormandie, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, était l’invité d'"Apolline Matin" ce jeudi sur RMC et RMC Story. Il a fait le point sur la menace de la grippe aviaire dans les élevages français et la bataille pour la rémunération des agriculteurs.

La menace de la grippe aviaire

"On est à 16 élevages qui sont concernés par ce virus de l’influenza aviaire. C’est un virus qui est apporté par les oiseaux migratoires qui traversent notre pays en cette période. Quand ils rentrent en contact avec des volailles dans la faune sauvage ou dans les élevages, ils les contaminent avec ces virus. Ce virus est mortel pour les volailles. En revanche, la consommation de volailles, de canards, de foie gras, d’œufs, ne présente absolument aucun risque. Donc continuez à profiter de ces beaux produits. Il n’y a absolument aucun risque. C’est à l’évidence une situation qui nécessite que le gouvernement prenne des mesures très fortes pour éviter que les élevages se contaminent. L’abattage a déjà commencé. Dès qu’un élevage est contaminé, pour éviter tout risque, nous ordonnons l’abattage des palmipèdes et des volailles qui s’y retrouvent. C’est à chaque fois un énorme traumatisme pour les éleveurs, parce que ce sont des mois et des mois de travail qui sont anéantis. Ce sont des décisions difficiles, mais nous devons les prendre à chaque fois. L’année dernière, il y a eu 80 millions d’euros que nous avons mis en place pour accompagner les éleveurs. Nous ferons à l’évidence la même chose cette année. On sent toute la détresse des éleveurs face à ces crises de l’influenza aviaire. L’année dernière, on a dû abattre près de 3 millions de volailles. Cette année, on protège au maximum. Pour aider tous ces éleveurs, consommons ces beaux produits. Pendant les fêtes, agayons-les avec ces produits d’excellence."

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La "bataille" des prix pour les agriculteurs

"C’est la mère des batailles. Tant qu’on n’arrive pas à payer nos agriculteurs au prix de leur travail, au juste prix, c’est la pérennité de nos agriculteurs qui est questionnée et donc notre souveraineté alimentaire. Je ne veux pas dépendre d’autres pays pour nourrir le peuple français. On a un enjeu fondamental, c’est de pouvoir rémunérer nos agriculteurs au prix de leur production. Aujourd’hui, quand vous êtes un agriculteur, entre le prix du lait et votre yaourt qui est vendu dans le supermarché, vous avez des intermédiaires : l’industriel, la grande distribution. Qu’est-ce qu’on voit ? Pendant les négociations, tout ça se fait le plus souvent sur le dos de l’agriculteur. Quand les prix augmentent, ce n’est pas l’agriculteur qui est mieux rémunéré. La première loi Egalim, qui date de 2018, devait abolir tout ça. C’était une loi de confiance. La grande distribution, les industriels, avaient dit qu’ils allaient l’appliquer, la main sur le cœur. Mais beaucoup ne l’ont pas fait. On a décidé de passer une autre loi, Egalim 2, qui n’est pas une loi de confiance mais de régulation. Elle est entrée en vigueur il y a trois semaines. La loi dit que la partie de la matière première agricole n’est plus négociable. Les négociations sont en cours. Grâce à cette loi, on s’assure que ce n’est pas la grande distribution et les industriels qui augmentent leurs marges. C’est une véritable loi de régulation. Dans la vie, quand la confiance n’est pas là, il faut du contrôle, de la régulation. C’est ce qu’on a fait. C’est difficile y compris pour les consommateurs. Quand le consommateur accepte de payer un peu plus cher, il doit avoir la certitude que c’est pour que cet argent aille dans la poche de l’agriculteur. Je peux vous dire que je mets énormément de pression, que je démultiplie les contrôles, parce que je veux être sûr que cette loi Egalim 2 marche. Il y en a qui jouent le jeu, d’autres non. Le seul truc qui marche, c’est les contrôles. On va en faire quatre fois plus cette année. S’il faut augmenter les prix auprès de nos agriculteurs, parce que les coûts de production augmentent, les industriels doivent l’accepter. Sinon, on ne fait qu’importer des produits. J’y mets toute mon énergie parce que c’est primordial."

Du foie gras à table pendant les fêtes

"Il y aura du foie gras sur ma table, sans aucun scrupule, avec beaucoup de fierté. Cette période de fêtes peut être difficile avec le Covid. Si elles peuvent être égayées avec nos produits bleu-blanc-rouge, l’excellence des territoires, profitons-en. Faisons le choix de ces produits français, de ces produits des territoires, de ces produits de saison."

LP