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Danger "d'anéantissement nucléaire": la mise en garde inquiétante de l'ONU

Un tel danger nucléaire n'a pas été connu depuis la guerre froide. Face aux montées des tensions dans le monde, António Guterres, secrétaire général de l’ONU, a mis en garde, ce lundi 1er août 2022, contre ces risques. 13.000 armes nucléaires seraient stockées dans les arsenaux à travers la planète.

"L'humanité est en danger d'oublier les leçons de l'embrasement terrifiant d'Hiroshima et Nagasaki". Lors de l'ouverture de la conférence des 191 pays signataires du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), ce 1er août 2022, António Guterres, secrétaire général de l’ONU, a mis en garde contre les risques "d'anéantissement nucléaire".

L'agression russe en Ukraine pointée du doigt

Moyen-Orient, Corée du Nord, Taïwan ou encore la guerre en Ukraine, les tensions sont vives à travers le monde.

"Un tel danger nucléaire n'a pas été connu depuis l'apogée de la guerre froide", d'après António Guterres.

Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ont pointé du doigt "l'agression non provoquée et illégale de la Russie contre l'Ukraine" et ont appelé le pays à mettre un terme à sa "rhétorique nucléaire". Vladimir Poutine, lui, a adressé une lettre aux participants à la conférence disant qu’il "ne peut y avoir de vainqueur dans une guerre nucléaire et celle-ci ne devrait jamais être déclenchée, et nous défendons une sécurité égale et indivisible pour tous les membres de la communauté mondiale".

"13 000 armes sont stockées dans les arsenaux à travers le monde. À un moment où les risques de prolifération grandissent et les garde-fou pour prévenir cette escalade faiblissent", a ajouté António Guterres.

Y a-t-il un vrai risque ?

Ces armes pourraient-elles être utilisées ? Personne ne le sait. " On est dans une montée extrême des tensions notamment avec la Chine et la Russie qui s’opposent aux démocraties et aux Etats-Unis donc il y a un vrai risque international", estime Patrick Martin-Genier, enseignant à Sciences Po et spécialiste des questions européennes. Il prend pour preuve la réaction de la Chine à la potentielle visite de Nancy Pelosi, présidente de la chambre des représentants américaine, à Taïwan.

"C’est le rôle du secrétaire général des Nations-Unies d’attirer l’attention sur ces risques et notamment des chefs d’Etats et des gouvernements", conclut Patrick Martin-Genier.

A quoi sert cette conférence d'examen ?

Ce traité sur la non-prolifération des armes nucléaires "vise à empêcher la propagation des armes nucléaires", à "favoriser un désarmement complet" et à "promouvoir la coopération pour l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire". Le TNP, adopté il y a 52 ans, fait l'objet d'un examen tous les cinq ans. Cependant, cette 10e conférence des parties, qui se déroule du 1er au 26 août, a été reportée plusieurs fois depuis 2020 en raison du Covid-19.

"C'est une opportunité de renforcer ce traité et de le mettre en adéquation avec le monde d'aujourd'hui", souligne António Guterres. Il espères une réaffirmation de la non-utilisation de l'arme nucléaire, mais aussi de "nouveaux engagements" pour réduire l'arsenal.

La rédaction avec AFP