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Guerre en Ukraine: entre isolement et proximité des combats, la vie à Pokrovs’ke

Les troupes ukrainiennes se sont retirées dimanche de la ville de Popasna, désormais entièrement sous contrôle russe. A côté, les habitants de Pokrovs’ke tentent de vivre malgré la proximité et l'imminence des combats.

Dans le Donbass dans l’est de l’Ukraine, la guerre se poursuit et s'intensifie. Dimanche, les troupes ukrainiennes se sont retirées de la ville de Popasna, désormais entièrement sous contrôle russe. Popasna est une prise stratégique pour l'armée de Vladimir Poutine, car la ville est tournée vers l'ouest et c'est désormais dans cette direction que les Russes veulent avancer pour enfermer une partie du territoire ukrainien.

A quelques dizaines de kilomètres de là, Pokrovs’ke est désormais le dernier village ukrainien habité sur la route de Popasna. Ses habitants tentent de vivre malgré la proximité et l'imminence des combats.

600 personnes sont restées

Depuis la prise de Popasna par les Russes, Nadyia a par exemple vu de nombreux réfugiés arriver dans sa ville. "Ma belle-mère a fait toute la route en bicyclette depuis Popasna il y a trois jours jours. Maintenant, elle est ici", se rassure-t-elle. Nadyia est la seule infirmière du village et 600 personnes dorment encore ici. Les habitants vivent avec le bruit quotidien des tirs et des impacts d'artillerie ou de bombardements.

"Bien sûr qu'on a peur", reconnaît un homme qui vient acheter un peu de pain dans l'un des deux supermarchés encore ouvert. A côté de lui, une femme remplit des bidons d'eau depuis un énorme fontaine mise à la disposition des habitants. "On a un problème d'eau courante dans le village. Il n'y en a pas toujours, on doit donc venir en chercher ici", explique-t-elle au micro de RMC.

Nina, elle, habite la dernière maison à la sortie du village, sur la route de Popasna. Des soldats ukrainiens sont postés et cachés tout autour de la maison de cette grand-mère. “Je n’ai rien à leur reprocher, ils ne me font pas de mal! Ils me disent 'bonjour, comment ça va? pourquoi vous ne partez pas?'. Mais partir pour où? J'ai 80 ans!', dit-elle.

"Si les Russes avancent vers nous, nous ferons sauter le pont"

Un peu plus loin sur la route déserte, il y a un pont. "Si les Russes avancent vers nous, nous le ferons sauter", glisse un soldat.

Dans le reste du Donbass, les Russes "continuent de préparer des opérations offensives dans les régions de Lyman et Severodonetsk", selon l'état-major ukrainien. La cheffe des services des renseignement américain, Avril Haines, a elle déclaré mardi que le président russe n'avait pas l'intention de se contenter d'occuper la seule région du Donbass.

Vladimir Poutine veut porter le conflit à la Transnistrie, une région de Moldavie frontalière de l'Ukraine, qui a fait sécession en 1990 lors de la chute de l'Union soviétique.

En Ukraine, Benoit Ballet et Hugo Dorsemaine