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Affaire Théo: "ce n’est pas en cassant des vitres qu’on fait avancer le débat sur les violences policières"

Dimanche, Bobigny nettoyait les débris de la manifestation de samedi après-midi en soutien à Théo, le jeune violemment interpellé par quatre policiers à Aulnay-sous-Bois jeudi 2 février.

Jets de projectiles, incendies sur des véhicules et des poubelles, commerces dégradés, mobilier urbain détruit... Près de 2 000 personnes se sont rassemblées samedi devant le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour réclamer "Justice pour Théo".

Un rassemblement qui s'est déroulé dans le calme la première heure avant que la situation ne dégénère: 37 personnes ont été interpellées après la manifestation. Depuis l'interpellation violente de Théo les nuits de violences se succèdent en banlieue.

Pour les habitants de Bobigny, c'est la double-peine. Non seulement cela donne une mauvaise image, mais en plus de nombreux services qu'ils utilisent sont dégradés. 

Un commerce à la devanture brisée, les vitres de la gare routière complètement détruites... Après avoir constaté les dégâts, Lydia se dirige vers la Poste pour retirer de l'argent, jusqu'à ce qu'elle découvre le distributeur lui-aussi vandalisé. "J’irai à un autre distributeur, mais je suis choqué. Cela fait 20 ans que je suis à Bobigny, je n’ai jamais vu autant de violence. Jamais".

"montrer que les jeunes de la ville n’avaient rien à voir avec le fait de brûler des voitures"

À l'appel d'associations locales, des jeunes de Bobigny se réunissent pour nettoyer les lieux, sac poubelle à la main. Ayoub El Kabir fait partie de l'association Génération Ambitieuse. Avec cette opération nettoyage, il espère faire passer un message: "c’est de montrer que les jeunes de la ville n’avaient rien à voir avec le fait de brûler des voitures. Ils n’ont rien à gagner à brûler les voitures de leurs parents, dans des quartiers populaires".

L'image de la ville en prend un coup. Youssef Zaoui est l'adjoint en charge de la tranquillité publique. "Les gens sont complètement effarés. Ce n’est pas en cassant des vitres qu’on fait avancer le débat sur les violences policières". Les deux jeunes à l'origine du rassemblement se disent eux-mêmes déçus par la tournure des événements.

Martin Cadoret (avec A.M.)