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Besançon: la police municipale invitée par la mairie à ne plus intervenir sur les points de deal

La municipalité écologiste de Besançon a donné pour consigne à ses policiers municipaux de ne plus intervenir sur les points de deal d'un quartier sensible. Pour la maire de la ville, les "premiers responsables" sont les consommateurs.

Beaucoup de missions mais peu de moyens. Depuis une semaine, les policiers municipaux de Besançon (Doubs) ont pour recommandation de ne plus intervenir à proximité des points de deal dans le quartier sensible de Planoise. La maire écologiste, Anne Vignot, soutient cette mesure, pointant du doigt "les premiers responsables du problème principal: ceux qui consomment ces produits".

Si cette décision est jugée compréhensible pour certains étant donné que ces fonctionnaires ne sont pas armés, elle est perçue comme un abandon pour d'autres. Désormais, en cas d’intervention, les policiers sont contraints d'en informer leurs chefs de service.

"Est-ce vraiment une police?"

"Ce sont les gens du quartier qui demandent cette présence", note ce vendredi sur le plateau des "Grandes Gueules", Bruno Pomart, maire dans l'Aude et ex-policier du Raid. "Quand l'idéologie prend le pas sur la sécurité, c'est dangereux. Quand on a une police municipale qui n'est pas armée, je trouve que c'est une faute catégorique", déplore-t-il.

"La maire de Besançon, avec qui je travaille par ailleurs, devrait au moins les équiper de PIE, des pistolets à impulsions électriques, pour pouvoir au moins se défendre", conseille l'ancien policier.

"Une police municipale qui n'est pas armée, je n'en vois pas l'utilité, ce sont des agents de sécurité en fait", juge de son côté Mehdi Ghezzar. "Le signe qu'envoie la maire aux dealers, c'est 'vous avez gagné, on vous laisse tranquilles'", ajoute-t-il. "Une police qui n'est pas armée, est-ce vraiment une police? Je ne vois pas bien en quoi elle me protège", s'interroge également Barbara Lefebvre.

"Les policiers municipaux n'ont aucune compétence"

"C'est un mouvement de colère par rapport au désinvestissement de l'Etat en matière de sécurité locale", juge de son côté Jean-Philippe Pousset, adjoint au maire en charge de la sécurité à Angoulême, en Charente. "Les policiers municipaux, quand ils interviennent sur des points de deal, c'est des poulets sans tête, ils n'ont aucune compétence", raconte-t-il, assurant que ces agents ne peuvent intervenir efficacement sans l'aide de la police nationale.

Le quartier de Planoise, à Besançon, est régulièrement le théâtre de violences. Le 17 décembre dernier, un adolescent de 15 ans est mort après s'être fait tirer dessus. Début septembre, un autre adolescent de 15 ans avait trouvé la mort après une blessure par balle dans ce même quartier, déjà théâtre de violents affrontements entre bandes rivales sur fond de trafic de stupéfiants en 2019 et 2020.

G.D.