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Comment les médecins peuvent repérer et prévenir les violences conjugales

Comment les médecins peuvent repérer et prévenir les violences conjugales

Comment les médecins peuvent repérer et prévenir les violences conjugales - RMC

Une tribune signée par 65 médecins publiée lundi matin appelle à agir "pour repérer et prévenir les violences conjugales et sexuelles".

Oui, il y a un problème de prise en compte des violences faites aux femmes en France: c'est le constat que fait la ministre de la Justice, Nicole Belloubet. 

"Dans 65% des cas d'homicide et de violences conjugales, la justice ou la police avaient été saisies": la ministre de la Justice a rendu public dimanche le rapport sur les homicides conjugaux, martelant que la "chaîne pénale n'est pas satisfaisante".

Ce rapport a été confié en juin dernier à l'Inspection générale de la justice, chargée d'un état des lieux après l'examen de 88 dossiers d'homicides conjugaux et de tentatives d'homicides commises en 2015 et 2016 et définitivement jugés, afin d'identifier d'éventuelles failles.

Dans cet esprit, une tribune signée par 65 médecins, publiée lundi matin par le site internet de l'Obs, appelle à agir "pour repérer et prévenir les violences conjugales et sexuelles". La tribune rappelle que "dans une récente enquête du Centre Hubertine Auclert auprès de professionnels de santé de 11 centres médico-psychologiques, ces derniers déclarent ne jamais ou rarement recevoir des femmes victimes de violences".

"Le simple fait de poser la question, on a des réponses"

Les signataires proposent de reconnaître le médecin comme "personne ressource, premier recours de la femme victime" et appellent les praticiens à se saisir systématiquement des outils de dépistage comme des questionnaires simples, qui existent déjà.

"C'est très très simple. Il suffit de poser une question en confiance à la patiente lors des consultations: 'Avez-vous été victime de violences physiques, verbales, psychiques ou sexuelles?' Le simple fait de poser, en confiance, la question à nos patientes, on a des réponses. Les médecins sont les premiers recours des femmes victimes de violences. C'est le premier temps thérapeutique majeur pour pouvoir sortir, ensuite, des violences" explique sur RMC le professeur Gilles Lazimi, l'un des signataires de cette tribune.

Ils réclament aussi l'ouverture de formations et leur financement par les ministères concernés ainsi que des dispositifs de réseaux de prise en charge coordonnée associant professionnels et associations, pour notamment assurer ces formations. 

Camille Schmitt