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Affaire Curtis: le compagnon d'Elisa Pilarski veut une contre-expertise

Le mystère pesant depuis un an sur la mort d'Elisa Pilarski dans une forêt de l'Aisne près d'une chasse à courre a été levé mardi: selon les expertises menées, la victime, enceinte, a été tuée par le chien de son compagnon.

Le mystère pesant depuis un an sur la mort d'Elisa Pilarski dans une forêt de l'Aisne près d'une chasse à courre a été levé mardi: selon les expertises menées, la victime, enceinte, a été tuée par le chien de son compagnon.

"A ce stade de l'instruction, les expertises se rejoignent et tendent à démontrer l'implication exclusive du chien Curtis dans les morsures ayant entraîné la mort" de la jeune femme, "sans qu'aucun élément ne permette de mettre en cause les chiens appartenant à la société de vènerie", a affirmé dans un communiqué l'avocat général Eric Boussuge. 

Élisa Pilarski, 29 ans, était partie se promener en forêt de Retz avec ce chien, qu'elle connaissait peu, selon Me Cathy Richard, l'avocate de sa mère. Elle avait été découverte morte par son compagnon, victime d'après l'autopsie d'une "hémorragie consécutive à plusieurs morsures". 

Pourtant, d'après l’avocat de Christophe Elull, le compagnon d’Elisa Pilarski, l’expertise d’ADN ne permet pas d’affirmer que le chien est responsable. Il va solliciter prochainement une contre-expertise.

"Sur l'ADN, c'est un rapport que nous avons attendu très longtemps et ces longs délais sont pour moi suspects. J'attends plus d'informations sur la manière dont les experts ont travaillé et la méthodologie et je ne souhaite pour l'instant pas me prononcer", a réagi pour l'AFP l'avocat du compagnon, Me Alexandre Novion. 

Christophe Ellul avait mis en cause la meute de chasse, affirmant qu'Élisa l'avait appelé se disant "attaquée par plusieurs chiens". Deux sources proches du dossier avaient pourtant déjà désigné Curtis comme le seul meurtrier, invoquant les résultats des tests ADN menés sur les chiens potentiellement impliqués.

 "Les opérations de recherche d'ADN et de comparaisons avec les traces retrouvées sur les prélèvements effectués sur le différents chiens (à savoir les cinq chiens du couple propriétaire et 33 chiens de chasse)" ont fait apparaitre que "l'ADN de la victime est présente à partir de traces de sang prélevées en différents points de la gueule et de la tête du chien Curtis", précise le communiqué du Parquet. "Aucune trace d'ADN provenant des 33 chiens de meute prélevés n'a été retrouvée", ajoute-t-il. 

Longuement expertisé, le comportement du chien posait question. Curtis, un "American Pitbull Terrier, provenant d'un élevage des Pays-Bas et introduit illégalement en France par son acquéreur" a "fait l'objet d'un dressage au mordant, forme d'apprentissage interdite en France et pouvant relever d'actes de maltraitance animale", et "de nature à abolir toute capacité de contrôle ou de discernement" chez l'animal, précise le communiqué. Et les experts vont même plus loin: après différentes expériences, rien ne pouvait arrêter Curtis lorsqu'il était en action. Ni la voix, ni la nourriture, ni un autre chien n'ont pu le faire lâcher ce qu'il mordait. Il ne s'arrêtait qu'une fois sa proie détruite.

Une information judiciaire contre X est en cours pour "homicide involontaire par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence (...) résultant de l'agression commise par des chiens". 

Thomas Chupin et Jean-Baptiste Bourgeon (avec Guillaume Dussourt)