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Manche: au moins quatre personnes sont mortes dans le naufrage d'une embarcation de fortune

Le naufrage d'une embarcation de fortune qui traversait la Manche, a fait au moins trois morts (illustration)

Le naufrage d'une embarcation de fortune qui traversait la Manche, a fait au moins trois morts (illustration) - -

Le naufrage d'une embarcation de fortune transportant des migrants tentant de rejoindre le Royaume-Uni par la Manche a fait au moins quatre morts, dans la nuit de mardi à mercredi. Les deux pays connaissent des températures glaciales ces derniers jours, ce qui rend cette traversée encore plus dangereuse que d'habitude. 43 autres personnes auraient été secourues.

C'est un nouveau drame qui s'est déroulé dans la nuit de mardi à mercredi. Une embarcation de fortune transportant des migrants qui tentaient de rejoindre l'Angleterre par la Manche a fait naufrage. Des dizaines de personnes se trouvaient à bord du bateau.

Il y aurait au moins, quatre morts. Au total, au moins 43 personnes ont pu être sauvées, d'après les médias britanniques.

Les services de secours britanniques ont indiqué avoir été contactés vers 03H40 (locales et GMT). Des bateaux et des équipes de sauvetage de plusieurs villes du Sud-Est de l'Angleterre ont été mobilisés ainsi que deux hélicoptères britanniques et un hélicoptère de la Marine française, selon les garde-côtes. Un patrouilleur de la marine nationale française a aussi été envoyé en renfort.

"Le risque d'hypothermie suivi de la mort est grand"

L'association française d'aide aux migrants Utopia 56, qui donne toujours un numéro à joindre en cas de naufrage en plus de celui des secours, a indiqué à l'AFP avoir été appelée bien plus tôt, à 02H53, soit 01H53 GMT, par un message vocal avec une localisation dans les eaux françaises.

"Le risque d'hypothermie qui est suivi de la mort est extrêmement grand. Quand il y a ce genre de drame on n'a pas le luxe d'attendre pour intervenir", précise Nikolaï Posner, un responsable d'Utopia 56. D'autant plus que ces derniers jours, le Royaume-Uni et le France connaissent des températures très basses, dépassant difficilement les 0 degrés.

"Le fait de faire ce voyage par ces températures montre à quel point les gens sont désespérés. Tant que nous n'aurons pas plus d'itinéraires sûrs et accessibles pour les personnes demandant l'asile, nous risquons de voir davantage d'incidents de ce type", a réagi Alex Fraser, responsable à la Croix-Rouge britannique.

Un accord signé entre les deux pays en novembre

Un peu plus d'un an après un naufrage qui avait tué 27 migrants, âgés de 7 à 46 ans, le drame pose une nouvelle fois la question de la coordination et des responsabilités entre le Royaume-Uni et la France sur ce dossier, au coeur de fréquentes tensions entre Londres et Paris.

Alors que l'enquête se poursuit sur les circonstances du naufrage, des documents dévoilés par Le Monde et consultés par l'AFP mettent en cause les secours français et britannique, qui se sont renvoyé la balle sans porter secours au bateau naufragé.

Les deux pays ont signé un accord mi-novembre qui prévoit notamment une enveloppe de 72,2 millions d'euros que devront verser les Britanniques en 2022-2023 à la France pour augmenter de 800 à 900 le nombre des policiers et gendarmes sur les plages françaises, d'où partent de nombreux migrants.

AB avec AFP