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"La réaction d'un homme blessé": l'avocat du père qui s'est vengé sur l'agresseur de sa fille réagit

Aniss est le père d'une fillette de 6 ans agressée sexuellement à son domicile à Roanne. Il a retrouvé le suspect, et s'est vengé le rouant de coups avec des proches. Me Jean-François Canis, avocat d'Aniss, le père la fillette agressée était l'invité de RMC ce mercredi pour préciser les faits et défendre son client.

Le parquet de Roanne a ouvert une enquête pour violences aggravées contre un père de famille qui a décidé de se faire justice tout seul. Un garçon âgé de 16 ans s'était introduit par effraction dans le logement d'une famille dans la nuit de jeudi à vendredi dernier. Il est soupçonné d'avoir agressé sexuellement une fille âgée de 6 ans. Le père de cette dernière, Aniss, l'a retrouvé et violemment frappé vendredi. Il est visé par une enquête.

Aniss expliquait son geste mardi en exclusivité sur RMC, assumant totalement les faits. Aucune plainte n'a été déposée pour l'instant. Ni par le jeune, ni par le département, mais le procureur s'est "auto-saisi" et a décidé d'ouvrir une enquête des chefs de violences aggravées en réunion commises avec une arme par destination. Le procureur regrette que le père de famille ait voulu se venger tout seul.

"Je pense qu'avec le recul il regrette"

Me Jean-François Canis, avocat d'Aniss, le père la fillette agressée était l'invité de RMC, a donné ses précisions et défendu son client, mettant en avant le contexte de l'histoire.

"Je pense qu'avec le recul il regrette. Mais lorsqu'il interpelle ce jeune homme le lendemain avec l'assistance d'un ami qui l'a prévenu, il était en train de rôder près de chez lui, prêt semble-t-il à récidiver les faits de la veille, c'est dans ce contexte qu'il va perdre un peu la raison en le tapant à plusieurs reprises avant d'appeler à la police et le remettre", explique-t-il.

"Il a constaté qu'aucune patrouille de police ne rôdait dans le quartier"

L'avocat insiste également sur le fait qu'Aniss a immédiatement, de façon "normale et citoyenne", déposé plainte au commissariat après l'agression de sa fille, mais que, voyant que rien n'était fait dans son quartier, il a "perdu la raison".

"Il vivait sous tension, la mère ne veut plus vivre dans la maison, la petite fille est choquée. Au moment où il retrouve ce jeune homme, il était dans un état un peu second. Avec le recul il aurait peut-être eu une autre attitude. Mais dans l'urgence, il était dans une situation où il n'était plus tout à fait lui-même. C'est la réaction disproportionnée d'un homme blessé, inquiet. (...) Il a constaté qu'aucune patrouille de police ne rôdait dans le quartier. L'histoire va lui donner raison quand un ami lui informe que le suspect était autour de chez lui. C'est certain que ça le met dans une colère profonde et explique, mais ne justifie pas, sa réaction", lance l'avocat.

Il conteste la violence "en réunion"

Le suspect nie les faits d'agression sexuelle, mais l'avocat est en tout cas formel sur l'identité de l'agresseur de la petite fillette de 6 ans.

"Nous considérons, même s'il nie les faits, que la reconnaissance faite par la mère de la petite fille est formelle et que la personne interpellée est bien l'auteur des faits", assure l'avocat

Ce dernier assure qu'il est "certain" que ce n'est pas de la légitime défense, et assure que son client conteste les faits de violence en réunion, et assure qu'il n'y avait pas de barre de fer mais un "câble électrique". "Il dit qu'il a été le seul à taper, il conteste la réunion", conclut-il.

J.A.