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"Le quotidien est pourri par ce phénomène": le ras-le-bol des élus face aux rodéos urbains

Habitants et élus des communes touchées par les rodéos urbains déplorent l'inaction des forces de l'ordre face au phénomène qui revient régulièrement à l'arrivée de l'été.

Les beaux jours sont de retour, et les rodéos urbains aussi. Des motards gênent les habitants dans la ville d'Épinay-sous-Sénart, dans l'Essonne. Une poignée de véhicules qui créent des nuisances sonores. La semaine dernière, les policiers municipaux d'Épinay-sous-Sénart ont bien saisi deux motocross responsables de rodéos urbains mais cela ne suffit pas à endiguer le phénomène qui touche de nombreuses villes de France.

"C'est un phénomène qui existe depuis des années. Dès qu'il fait beau, le quotidien de nos habitants est pourri par ce phénomène. Il y a d'abord le bruit puis le risque d'accident", déplore ce lundi sur RMC Damien Allouch, le maire d'Épinay-sous-Sénart, une commune de 12.000 habitants de l'Essonne, en proie aux rodéos urbains.

Les habitants n'en "peuvent plus", ajoute l'élu alors que les pouvoirs publics semblent démunis: "On essaye de trouver des solutions, on va au contact des motards, on leur dit que c'est dangereux pour les enfants, les mamans et les personnes âgées", assure-t-il alors qu'un enfant de 6 ans a été grièvement blessé la semaine passée à Alençon lors d'un rodéo sauvage. "Quand je vais voir les jeunes motards, ils me disent, 'pardon monsieur le maire, on va ranger la moto', mais une demi-heure après, il la ressorte", raconte Damien Allouch.

"Une incompréhension et une frustration de la part des habitants"

Les forces de l'ordre, elles, ont ordre de ne pas engager de poursuites: "On ne sait jamais comment ça peut se terminer, mais quand les habitants voient passer des motos avec des véhicules de police qui ne les poursuivent pas, il y a une véritable incompréhension et une frustration énorme de la part des habitants", déplore l'élu.

Il milite pour l'utilisation de drones afin de suivre les motards et intervenir a posteriori mais la loi l'en empêche. Alors en attendant, les amendes tombent, quand les auteurs sont identifiés: "Quand ils ne sont pas cagoulés, quand on sait qui est sur la moto, la personne est amendée systématiquement. Les amendes tombent, mais le plus souvent, les auteurs de rodéos sont masqués", précise Damien Allouch. Les auteurs de rodéos encourent 15.000 euros d'amende, la confiscation du véhicule et un an de prison.

Guilllaume Dussourt