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Mort de Vanesa: le suspect avait déjà été condamné pour agression sexuelle sur mineur

Un homme de 31 ans a reconnu avoir enlevé, puis violé et tué, la jeune Vanesa (14 ans), dans le Lot-et-Garonne. Selon les premiers éléments, le trentenaire, originaire de la région, avait déjà été condamné pour agression sexuelle sur mineur lorsqu'il avait 15 ans.

Un nouveau drame, dans le Lot-et-Garonne. Le corps sans vie de Vanesa, 14 ans, a été retrouvé à Birac-sur-Trec, à une quinzaine de kilomètres au nord de Tonneins, samedi. Dans la foulée, un homme de 31 ans, Romain C., a été arrêté mis en examen et écroué dimanche.

Selon les premiers éléments, le suspect avait déjà été condamné pour agression sexuelle sur mineur lorsqu'il avait 15 ans. Il avait alors passé 15 jours en prison avant d'être relâché sans suivi.

En garde à vue, il a reconnu avoir violé puis tué l’adolescente, qu’il avait fait monter dans sa voiture, à 500 mètres de chez elle, alors qu’elle rentrait à pied du collège. C’est sur ses indications que le corps de la victime a été retrouvé dans une maison abandonnée.

"Apparemment, le suspect avait une addiction au cannabis et à l'alcool. Il y a un terrain de fragilité addictive avec des élans de violence, croit savoir Barbara Lefebvre dans 'Les Grandes Gueules'. "Peut-être qu'il buvait pour calmer ses pulsions. Ces pulsions, il les avait visiblement depuis son enfance. Et quand on regarde les trajectoires de nombreux tueurs, ils commencent très tôt par des agressions ou des petits délits".

"Il y a des pulsions chez ces gens-là qui sont souvent visibles à l'adolescence et qui sont tues ou minimisées", s'inquiète-t-elle sur RMC et RMC Story.

"Quand tu as été prédateur sexuel une fois dans ta vie, tu l'es toute ta vie"

Pour l'agriculteur Didier Giraud, cette histoire révèle "quelques maux de notre société". Il estime que la psychiatrie n'est plus prise en compte dans le pays et qu'à chaque fois, il y a des problèmes détectés mais qui ne sont pas traités: "Quelqu'un qui agresse sexuellement, il ne guérit jamais de ça, il l'a toujours au fond de lui. Un surveillant de prison m'a dit que 70% de ceux qu'il garde devraient être en psychiatrie".

Didier Giraud estime que le cocktail alcool-cannabis aurait permis de désinhiber le suspect pour passer à l'acte. "Quand on est contre la légalisation du cannabis ou qu'on dit qu'il faut enfermer les prédateurs sexuels, on se fait traiter de facho", déplore l'agriculteur.

"Quand tu as été prédateur sexuel une fois dans ta vie, tu l'es toute ta vie, tu ne guéris pas de ça", assure-t-il.

Le suivi psychiatrique est-il efficace?

L'avocat Charles Consigny tempère et estime que ce drame ne doit pas faire tirer de conclusions générales: "Il ne faut pas en tirer la conclusion que toute la justice est défaillante et que des milliers de prédateurs sexuels se baladent dans les rues et qu'il faudrait construire 10.000 places de prison et on serait tranquille".

"De ce que je connais, quand quelqu'un est mis en cause pour une agression sexuelle ou un viol, cette personne part en détention, dans le cadre d'une enquête ou d'une condamnation. Et normalement, il y a un suivi socio-judiciaire", assure-t-il.

"S'agissant du suivi psychiatrique, je ne peux dire s'il est efficace et appliqué", reconnaît le conseil.

G.D.