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"On va revivre des choses affreuses": le féminicide de Julie Douib rejugé en appel à Ajaccio

Condamné à la perpétuité en première instance, Bruno Garcia est rejugé en appel à Ajaccio à partir de ce vendredi. En mars 2019, il avait tiré à plusieurs reprises sur son ex-compagne Julie Douib. Un féminicide marquant qui avait notamment permis l'ouverture du Grenelle sur les violences faites aux femmes.

Le procès en appel de Bruno Garcia pour l'assassinat de son ex-compagne Julie Douib, s'ouvre ce vendredi, à Ajaccio. L'accusé de 46 ans avait été condamné à la perpétuité en première instance par la cour d'assises de Bastia, qui avait également prononcé la déchéance de son autorité parentale sur ses deux fils.

Le 3 mars 2019, il avait tiré à trois reprises sur Julie Douib alors qu'elle tentait de lui échapper. Ce féminicide aux nombreuses défaillances, notamment l'absence de réponse pénale après de nombreuses plaintes, avait provoqué le Grenelle des violences faites aux femmes en 2019.

Ce procès est une nouvelle épreuve pour les parents de Julie Douib, Violette et Lucien, qui abordent ce procès en appel avec angoisse.

“C’est une nouvelle épreuve. On va revivre des choses affreuses. Moi, je ne vais pas bien, je ne dors pas, je vais revoir pendant tout ce procès l’assassin de ma fille. Je vais affronter les difficultés d’un procès. Ça va nous replonger dans des souvenirs affreux”, explique ce vendredi matin sur RMC le père de Julie Douib, dans "Apolline Matin".

L'enjeu pour la mère de Julie, c'est que la justice reconnaisse la préméditation. Un aspect que l'accusé Bruno Garcia a toujours contesté. “Bruno, effectivement, a assassiné Julie. Le pire, c’est tout ce qu'il a fait avant. La traque... Il lui faisait peur, il la menaçait”, indique-t-elle.

La question de l'autorité parentale à régler

Julie Douib avait quitté Bruno Garcia en septembre 2018. Elle avait déposé six plaintes contre lui pour menaces, harcèlement et violences. “Quand elle allait porter plainte, on lui disait: ‘Encore vous? Elle n’est pas encore finie votre histoire’. Non, Julie n’a pas été prise au sérieux”, regrette sa mère.

“En première instance nous avions vu l’horreur. La violence physique et psychologique qu’il avait imposée à Julie, les menaces de mort contre moi et contre d’autres personnes, bien avant l’assassinat et depuis sa prison”, appuie Lucien Douib.

La mort de Julie Douib avait déclenché le Grenelle des violences faites aux femmes. C’était le trentième féminicide sur 146 dénombrés en 2019. “Il faut que Julie laisse une trace indélébile, quelque part. On l’a qualifiée de n°30, mais non. Julie Douib, ce n’est pas juste un numéro, juste un fait divers”, appuie Violette.

Julie Douib était la maman de deux garçons, dont Violette et Lucien Douib ont la garde provisoire. Un autre enjeu pour eux, c’est que Bruno Garcia soit définitivement déchu de son autorité parentale à l'issue du procès en appel. “Nous avons réussi après des années de combat à avoir la délégation de l’autorité parentale, ce qui nous donne des droits, mais le problème, c’est qu’il avait perdu l’autorité parentale au premier procès, mais comme il a fait appel et que c’est suspensif, ça veut dire qu’il existe toujours, qu’il est toujours là dans la vie des enfants. Et ça, c’est quelque chose d’horrible parce que mes petits-enfants, ils veulent vivre”, explique Lucien Douib.

Marion Dubreuil avec Guillaume Descours