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Rapatriements de jihadistes de Syrie: "C'est une question de sécurité nationale, pas que d'humanisme"

Seize femmes jihadistes et 35 mineurs emprisonnés dans des camps en Syrie ont été rapatriés mardi par la France. Alors qu'une partie de la population serait contre, ces rapatriements ont pourtant une importance nationale juge Léa Falco sur RMC.

La France a rapatrié mardi 35 mineurs et 16 femmes des camps de déplacés en Syrie, dont Emilie König, l'une des jihadistes françaises les plus connues, arrêtée en décembre 2017 par les forces Kurdes. Soupçonnée d'avoir participé au recrutement pour le compte de Daesh et d'avoir appelé à commettre des attentats en Occident, elle a été mise en examen et placée en détention provisoire à son arrivée sur le sol français.

Les autres femmes ont été placées en garde à vue à la DGSI et la Section antiterroriste de la préfecture de police de Paris, tout comme un mineur de 17 ans. À l'issue de leur garde à vue, tous devraient être présentés à un juge antiterroriste avant leur mise en examen. Les enfants ont tous été pris en charge par l'Aide sociale à l'enfance (ASE), rejoignant les 126 mineurs déjà revenus des territoires repris des mains de Daesh.

Ce rapatriement est un enjeu politique majeure. La Défenseure des droits Claire Hédon a ainsi à de multiples reprises plaidé pour le rapatriement de ces enfants notamment. Mais l'Etat français a longtemps fait la sourde oreille, contrairement à ses voisins qui ont presque tous rapatriés leurs ressortissants.

"Récupérer ces enfants endoctrinés qui n'ont rien demandé"

"C'est une situation compliquée. Mais ce n'est pas seulement une question humaniste, c'est aussi une question de sécurité nationale", juge ce mercredi sur le plateau des "Grandes Gueules", Léa Falco. "Si on les laisse là-bas, ils vont grandir dans cette idéologie-là. Et quand il faudra attaquer des pays étrangers, on sélectionnera ceux qui ont des liens et tous ces enfants seront envoyés".

"La mission, c'est aussi récupérer ces enfants endoctrinés qui n'ont rien demandé et pour les réinsérer dans la société française", ajoute-t-elle.

"Pour les autres, je pense que ce sont des gens qui ont des responsabilités énormes. Il va y avoir des jugements, et on espère que pour un certain nombre d'entre elles qu'elles vont finir en prison", pense Léa Falco.

En 2019, près de sept Français sur dix étaient opposés au retour des enfants de jihadistes, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour France Info et Le Figaro.

G.D. avec AFP