RMC

Reims: un ex-officier de la DGSI relaxé d'agression sexuelle mais condamné pour détention d'images pédopornographiques

-

- - -

En avril 2019, une femme d'une vingtaine d'années avait déposé plainte contre l'accusé pour des faits de viol et agression sexuelle qu'elle disait avoir subis lorsqu'elle avait 17 ans.

Le tribunal de Reims a relaxé mardi un ex-officier de la DGSI des Ardennes de faits d'agression sexuelle sur une mineure de 17 ans, mais l'a condamné à deux ans de prison dont un avec sursis pour détention et consultation d'images pédopornographiques.

"C'est un jugement incompréhensible. Le tribunal envoie un message d'impunité. Cela va détruire ma cliente car la justice ne l'a pas entendue. Je vais en parler au Procureur de la République. J'espère que le parquet fera appel de cette décision" a réagi Me Pauline Manesse, l'avocate de la plaignante qui était absente à l'énoncé du délibéré, comme l'ancien officier.

Le parquet avait requis en juin quatre ans de prison ferme à l'encontre de cet ancien officier au cours d'une audience qui s'était déroulée à huis clos. Le procureur Matthieu Bourrette avait également requis une interdiction pendant cinq ans de tout port d'arme et de toute activité professionnelle en lien avec les mineurs ainsi qu'une inscription au Fijais (fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes). Le tribunal de Reims l'a suivi dans ces dernières réquisitions.

Coutumier des sites pédopornographiques

Ce commandant de police, mis en examen dans ce dossier en juin 2019, était auparavant responsable départemental de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI, chargée notamment de la lutte contre le terrorisme) pour les Ardennes.

En avril 2019, une femme d'une vingtaine d'années avait déposé plainte contre lui à Reims pour des faits de viol et agression sexuelle qu'elle disait avoir subis lorsqu'elle avait 17 ans, dans les Ardennes, selon les déclarations du procureur à l'époque. La jeune fille indiquait être entrée en contact avec l'officier pour des motifs strictement professionnels.

En garde à vue, l'homme, alors âgé de 57 ans, avait reconnu des attouchements sexuels sur la plaignante, à plusieurs reprises, mais "toujours de manière consentie", et nié "tout acte de pénétration de quelque nature que ce soit". Il avait soutenu être "tombé amoureux" d'elle et ne jamais l'avoir "forcée à quoi que ce soit".

Ce père de famille avait par ailleurs admis consulter régulièrement des sites pédopornographiques et télécharger en grand nombre des photos de jeunes mineures.

>> A LIRE AUSSI - Dissolution de la "Ligue de défense noire africaine": "On juge les actes, on ne devrait pas juger les opinions"

La rédaction avec AFP