RMC

Violences lors des manifestations kurdes: "Nous avons renforcé le dispositif" promet l'organisateur

Après les violences qui ont émaillé plusieurs rassemblements en hommage aux victimes kurdes du triple assassinat de vendredi à Paris, le porte-parole du Conseil démocratique kurde en France, Agit Polat, promet que le dispositif de sécurité a été renforcé. Une nouvelle marche a lieu ce lundi.

Le Conseil démocratique kurde de France appelle à une nouvelle marche ce lundi, après la mort vendredi de trois kurdes, tués dans une attaque raciste à proximité du centre culturel kurde rue d'Enghien à Paris.

Un nouveau rassemblement qui fait craindre des violences alors que vendredi et samedi, déjà, plusieurs manifestations en hommage aux victimes ont été émaillées d'incidents et de dégradations. "On veut que cela se passe bien. On comprend qu’il y a de la colère et de l’émotion et que les jeunes sont agités", concède ce lundi sur le plateau des "Grandes Gueules" Agit Polat, le porte-parole du Conseil démocratique kurde en France.

Une provocation turque à l'origine des violences?

"Notre communauté organise régulièrement des manifestations qui se déroulent toutes dans le calme", rappelle-t-il sur RMC et RMC Story avant d'évoquer des provocations à l'origine des troubles samedi. "J'ai vu un fourgon rentrer sur la place de la République avec des gens faisant le signe des loups gris (un groupuscule ultranationaliste turc, opposé aux Kurdes, ndlr)", assure Agit Polat expliquant que la manifestation avait été organisé en une nuit.

"Je pense que la police a bien remarqué la provocation, il y a des images de la videosurveillance et le préfet l’a précisé, c’est un petit groupe qui a créé ce chaos. De là à en déduire que la communauté kurde est responsable, non! Nous avons renforcé notre dispositif d’ordre", promet-il.

La Turquie pointée du doigt

Quant à la version du crime raciste d'un homme isolé, Agit Polat dit ne pas y croire et pointe du doigt la responsabilité de la Turquie derrière l'attaque. "Les 23, 24 et 25 décembre, nous avions une réunion prévue dans nos locaux et une centaine de personnes étaient attendues. Pourquoi lui (le tireur), il avait une soixantaine de munitions?", interroge-t-il.

"Une information a fuité et des forces obscures, qui sont la Turquie, ont orienté cet homme vers notre local alors que nous avions annulé la réunion la veille", assure-t-il.

"Il fallait saisir le parquet antiterroriste"

Et Agit Polat déplore que le caractère terroriste n'ait pas été retenu pour l'instant par la justice. "Il fallait saisir le parquet antiterroriste, quitte à le dessaisir", estime-t-il.

En 2013, trois militantes kurdes avaient été assassinées en plein Paris, à proximité des lieux du drame de vendredi. L'assassin présumé était mort d'une tumeur au cerveau en 2016 lors de sa détention, à quelques semaines seulement de son procès.

Les services secrets turcs pourraient avoir commandité le triple assassinat, ce qui expliquerait le regain de tension entre Kurdes et Turcs après la nouvelle attaque de vendredi.

G.D.