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La France insoumise: l'après-Mélenchon se prépare, malgré les réticences de certains

Jean-Luc Mélenchon sera-t-il encore longtemps le visage de La France insoumise? Rien n'est moins sûr. Si certains soutiens estiment que personne ne peux mieux incarner le parti que lui, d'autres poussent pour d'autres initiatives, comme celle de François Ruffin.

François Ruffin, Clémentine Autain... Des visages de La France insoumise cherchent à émerger, comme s'il était venu le moment de passer à l'après-Mélenchon. "Tuer le père", avec l'idée que la présidentielle de 2027 se prépare dès maintenant.

Jean-Luc Mélenchon doit donc se décider, et vite, presse une députée qui voit en lui une capacité de nuisance sur l'après. Il n'est d'ailleurs plus intouchable. Il y a quelques semaines, en plein cœur de l'affaire Quatennens, une insoumise de premier plan disait même qu'il devenait "l'oncle gênant".

Alors ceux qui veulent se lancer doivent le faire, encourage un parlementaire, et ce, sans attendre son aval. "Il ne peut pas y avoir de transition douce, ça n'existe pas. Les candidats putatifs ne doivent pas s'engluer dans l'idée d'être adoubé", analyse un cadre insoumis.

Des initiatives jugées très durement

Un ami de 30 ans de Jean-Luc Mélenchon lui reproche aussi, contrairement à ce qu'il prétend, de ne jamais s'être cherché un successeur. "La seule fois où il a évoqué un nom pour l'après Mélenchon, cette personne était sur son lit de mort" accuse, violemment, ce proche.

Mais les initiatives de François Ruffin ou Clémentine Autain par exemple sont jugées très durement par le noyau dur des mélenchonistes. Ils sont notamment accusés de la jouer "perso" au lieu de faire union derrière un seul homme, considéré comme ce qui fait historiquement la force des insoumis. Alors ils attaquent: "J'attends de voir des remplaçants au niveau du titulaire. Jean-Luc est en prise avec les masses comme personne d'autre", indique-t-on.

D'ailleurs, ils cherchent à tenir les potentiels candidats loin des manettes du parti. Alors que LFI se réorganise doucement. François Ruffin, par exemple, veut en être. Mais sous prétexte qu'il ne cotise pas à la France insoumise, il ne devrait pas faire partie de la direction.

Cyprien Pézeril