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Affaire Abad: "L’objectif du gouvernement, c’est qu’il perde aux législatives" selon Mathilde Viot

Pour Mathilde Viot, co-fondatrice de l'Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique, le gouvernement n'attend qu'une défaite de Damien Abad aux législatives pour le voir partir. Une manière d'entériner la polémique autour du ministre, accusé de viols.

Deux femmes accusent Damien Abad, le nouveau ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, de viols, des faits présumés qui remonteraient à 2010 et 2011. Dans la première affaire, deux plaintes ont déjà été déposées, deux fois classées sans suite. Quant à la deuxième plaignante, elle n’a toujours pas déposé de plainte et aucune enquête n’a été ouverte pour l’instant.

"Ils ont dû décider qu’ils n’avaient pas d’éléments suffisants car beaucoup d’enquêtes s’ouvrent d’elles-mêmes sur la base de témoignages", assure ce vendredi sur le plateau des "Grandes Gueules", Mathilde Viot, co-fondatrice de l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique, l’observatoire qui a porté à la connaissance des autorités politiques l’existence de ces deux accusations.

"Le parquet ne nous a pas contactés mais aurait pu venir nous contacter en nous demandant: 'Comment va la victime, pouvez-vous nous en dire plus, êtes-vous sûr qu’elle veut garder l’anonymat?'. Et nous apporter éventuellement des garanties sur sa protection", déplore Mathilde Viot.

"Il n’y a aucun courage politique"

Quant à la victime, qui ne veut pas porter plainte pour l’instant, Mathilde Viot assure que celle-ci n’a pas envie de se retrouver "dans un tumulte judiciaire très violent". "Quand la justice passe dans de telles affaires qui se déroulent dans un huis clos, on arrive très souvent à des classements sans suite ou des non-lieux. Et très souvent, la réaction de l’opinion publique, c’est de dire que cela n’a pas eu lieu". La victime craint que la décision de justice n’efface "l’existence de ce phénomène".

"Elle a parlé pour faire un appel d’air à d’autres témoignages. Il y a d’ailleurs eu des témoignages de chez LR, comme celui d’Aurélien Pradié qui a assuré que Damien Abad avait bien des comportements inappropriés avec d’autres personnes. C’est le cas comme on l’a vu avec d’autres personnes comme avec Patrick Poivre-d'Arvor", ajoute Mathilde Viot.

En attendant, Damien Abad occupe toujours son poste de ministre et conserve la confiance de son gouvernement, en l’absence de procédure judiciaire. Mais pour Mathilde Viot, le gouvernement ne fait que temporiser, misant sur une défaite du ministre aux législatives, candidat à sa réélection dans la 5e circonscription de l’Ain.

"L’objectif du gouvernement, c’est de faire en sorte qu’il perde. Il laisse pourrir la situation en espérant qu’il va être mis au placard. C’est ridicule, il n’y a aucun courage politique", tacle-t-elle, alors que les ministres candidats aux élections législatives et battus devront démissionner.
Guillaume Dussourt