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Affaire Bygmalion: qui sont les 13 prévenus qui étaient jugés avec Nicolas Sarkozy?

Bygmalion, ex-UMP, experts-comptables: comme l'ancien chef de l'Etat, ils ont connu le verdict du tribunal ce jeudi.

Nicolas Sarkozy a été condamné jeudi à un an de prison ferme pour "financement illégal" de sa campagne présidentielle de 2012 dans le dossier Bygmalion, décision dont il a fait appel. Le tribunal a par ailleurs reconnu ses 13 coprévenus coupables, notamment d'escroquerie ou complicité.

Tous ont été condamnés pour avoir, à un degré ou un autre, participé au système de double facturation imaginé pour masquer l'explosion des dépenses du candidat jusqu'à un total de 42,8 millions d'euros, près du double du plafond légal. Toutes les peines sont plus lourdes que celles requises par le parquet. Les peines de prison ferme seront aménagées sous surveillance électronique à domicile, a précisé le tribunal. 

Le directeur de campagne

Directeur de campagne, l'ancien préfet et ex-chef de cabinet de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, Guillaume Lambert a affirmé à l'audience que son rôle s'était limité à un "rôle de coordination".

Il a assuré que le système de fausse facturation des meetings s'était organisé à son insu et précisé avoir pris des mesures "très claires, très fermes" dès qu'il a été prévenu des risques de dépassement.

Il a écopé de la peine la plus lourde, trois ans et demi de prison dont deux avec sursis. 

Les cadres de l'UMP

A l'époque directeur de cabinet du patron de l'UMP Jean-François Copé, Jérôme Lavrilleux était aussi le directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy. C'est lui qui a révélé la fraude lors d'une étonnante confession télévisée en 2014.

A la barre, M. Lavrilleux a qualifié la campagne de 2012 de "dinguerie". Il est le seul à l'UMP (devenue LR) à avoir reconnu le système de double factures créé pour attribuer au parti les dépenses excessives de la campagne. Mais il soutient ne pas l'avoir décidé et n'en avoir été informé qu'après le second tour de l'élection. Le tribunal l'a condamné à trois ans de prison dont un avec sursis. Jérôme Lavrilleux a annoncé qu'il ne comptait pas faire appel.

Trois autres cadres de l'UMP à l'époque ont partagé le banc des prévenus avec Jérôme Lavrilleux: Eric Cesari, directeur général et fidèle de Nicolas Sarkozy, Fabienne Liadzé, directrice des ressources, et Pierre Chassat, directeur de la communication.

Tous ont signé des engagements de dépenses pour des conventions fictives du parti, mais ont assuré au tribunal n'avoir rien vu ni rien entendu de la fraude. Ils ont été condamnés à trois ans de prison ferme, dont une partie avec sursis. Ils ont également été condamnés à des peines d'inéligibilité.

Les responsables de Bygmalion

Guy Alvès, cofondateur de l'agence de communication, son adjoint Sébastien Borivent et Franck Attal, directeur adjoint de sa filiale Event & Cie (organisatrice des meetings), ont reconnu leur participation à la fraude, demandée selon eux par l'équipe de campagne et l'UMP.

L'accusation leur reproche de ne pas avoir refusé, pour des raisons financières. Au total, près de 80% de la facturation d'Event & Cie - environ 16 millions d'euros - a disparu des comptes de campagne. Ils ont été condamnés à deux ans de prison, dont une partie avec sursis, et 100.000 euros d'amende. 

Cofondateur et patron de Bygmalion, Bastien Millot - un très proche de Jean-François Copé - a catégoriquement nié avoir été au courant, à l'inverse de ses trois ex-collègues. Il a été condamné à trois de prison dont 18 mois avec sursis et 100.000 euros d'amende.

L'Association de financement et les comptables

Le président de l'association de financement de la campagne Philippe Briand (alors député), son trésorier Philippe Blanchetier et les experts-comptables Pierre Godet et Marc Leblanc sont soupçonnés d'avoir "parfaitement perçu le risque financier qu'entraînait le coût prohibitif des meetings".

Les deux experts-comptables, chargés d'établir et présenter le compte de campagne, ont bien envoyé deux notes, dont une directement à Nicolas Sarkozy, pour alerter des risques de dépassement.

Mais leur troisième note, envoyée en juin, présentait un compte de campagne dans les clous, avec une marge de près d'un million d'euros. "On a fait ce qu'on a pu avec ce qu'on avait", a justifié l'un d'eux devant le tribunal. Ils ont écopé de peines allant de deux à trois ans de prison, avec une partie de sursis.

La rédaction de RMC avec AFP