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Yaël Braun-Pivet sort du gouvernement en vue de prendre la présidence de l'Assemblée nationale

Ministre des Outre-Mer, Yaël Braun-Pivet est sortie du gouvernement, ce dimanche, pour être la candidate de la majorité présidentielle à la présidence de l'Assemblée nationale. Son portrait par Nicolas Poincaré.

Yaël Braun-Pivet, ministre des Outre-Mer depuis un mois et candidate à la présidence de l'Assemblée nationale n'est plus membre du gouvernement, selon un décret publié dimanche au Journal officiel.

"Il est mis fin aux fonctions de Mme Yaël Braun-Pivet. Lles fonctions de ministre des Outre-Mer sont exercées par la Première ministre", stipule ce décret pris samedi par Emmanuel Macron sur proposition d'Elisabeth Borne..

Députée depuis cinq ans

L'histoire de Yaël Braun-Pivet est celle d’une trajectoire express. Elle ne fait vraiment de la politique que depuis cinq ans et mardi elle pourrait devenir à 51 ans, le quatrième personnage de l’État, première femme présidente de l’Assemblée nationale

Il y a cinq ans, elle s'était inscrite en ligne, sans soutien particulier, pour être candidate aux législatives dans les Yvelines. Sa candidature avait été retenue et elle l’avait largement emporté sur le candidat sortant, le LR Jacques Myard.

Ancienne avocate, impliquée dans les Restos du Cœur

Auparavant, Yael Braun Pivet a d’abord été avocate. Pénaliste dans le cabinet du ténor du barreau Hervé Temime, elle change ensuite de voie et crée une start up. Elle avoue qu’elle s’est bien plantée. Puis elle suit son mari qui est cadre à l'Oréal et qui est muté au Japon et à Taïwan.

Enfin de retour en France, elle découvre le bénévolat. Elle s’implique dans les Restos du cœur, à Chanteloup-les-Vignes, à Sartrouville, puis en ayant des responsabilités au niveau national. Politiquement elle vient du PS, elle avait pris sa carte à la section de Tokyo, quand elle vivait là-bas.

Elle est mère de cinq enfants. Et c’est d’ailleurs pour cela qu’elle avait renoncé à son premier métier d’avocate. Ses grands-parents sont arrivés en France dans les années trente, fuyant le nazisme. Son grand père était un juif polonais qui a rejoint la résistance. Elle même a plusieurs fois fait l’objet d'attaques antisémites ces dernières années.

Une première à la commission des lois

Depuis son arrivée à l’Assemblée, elle a fait preuve d'indépendance et a bousculé les codes. C’est ce qui est intéressant dans son parcours. Il y a cinq ans, à peine élue, elle s'était présentée à la commission des lois. Un poste important, très technique et traditionnellement réservé à des députés très expérimentés. Jamais un nouvel élu n’avait accédé à cette responsabilité. Sauf elle: elle s’est présentée, a raconté son histoire à ses nouveaux collègues et elle a obtenu cette présidence.

Elle a d’abord été très critiquée, notamment lorsqu’elle a présidé la commission d'enquête sur l’affaire Benalla. On lui a reproché son manque d'indépendance, on lui a reproché d’avoir protégé Emmanuel Macron et ses proches. Le "Canard enchaîné" a ensuite publié des échos pour raconter qu’elle ne connaissait pas la différence entre loi ou un décret. Ou bien un autre pour affirmer qu’elle avait envisagé de ne pas travailler le mercredi pour s’occuper de ses enfants. Puis, progressivement, elle s’est imposée. Libération récemment écrivait: "Qui l'eut cru ? Voilà que l’on se bouscule pour dire du bien de la compétence Yaël Braun-Pivet alors qu’on la traitait de cruche lors de son arrivée".

A nouveau renverser la table

Pour accéder à la présidence de l’Assemblée, elle a de nouveau renversé la table. Comme pour la commission des lois, elle n’a rien demandé à personne et elle s’est imposée. Yael Braun Pivet venait pourtant d’entrer au gouvernement.  Nommée ministre des Outre-mers. Elle n'était pas la candidate d’Emmanuel Macron. Mais elle a pris le risque de se présenter et elle l’a emporté au sein du groupe.

Sauf énorme surprise, elle va donc accéder au perchoir mardi. Si la majorité absolue des suffrages exprimés n'a pas été obtenue aux deux premiers tours de scrutin, la majorité relative suffit au troisième tour, ce qui devrait garantir sauf accident son élection. Cinq ans seulement après sa premiere entrée à l’Assemblée: une trajectoire express.

Nicolas Poincaré avec MM