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"Ça me paraît compliqué": Damien Abad, accusé d'agressions sexuelles doit-il quitter son ministère?

Le nouveau ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées Damien Abad, est soupçonné d'agressions sexuelles et pourrait voir sa place déjà menacée. Mais en l'absence de plainte pour l'instant, doit-il tout de même quitter son poste?

Nommé vendredi ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Damien Abad est déjà dans la tourmente. Le transfuge des Républicains est accusé de viols par deux femmes pour des faits présumés remontant à 2010 et 2011.

La seconde accusatrice évoque une soirée passée avec Damien Abad, assurant avoir bu un verre et ne se souvenir plus de rien. Elle raconte s’être réveillé dans une chambre d’hôtel, proche du bar où elle avait rendez-vous avec Damien Abad, en sous-vêtements et sans aucun souvenir.

"Vu qu’il y a déjà eu une plainte classée deux fois sans suite et qu’il n’y a pas de plainte officiellement déposée dans l’autre affaire, il est présumé innocent", juge ce lundi sur le plateau des "Grandes Gueules" Stella Kamga.

Car la première affaire a déjà été classée deux fois sans suite tandis que la seconde a été signalée à un observatoire de violences contre les femmes, quatre jours avant la nomination du gouvernement. Cet observatoire assure avoir alerté dans la foulée par mail les chefs de LR et LaREM mais Stanislas Guérini, chef de file de la majorité et nouveau ministre, assure n’avoir pris connaissance de l’alerte seulement samedi, n’ayant visiblement pas lu ses mails.

"C'est de notoriété publique dans l'Ain que Damien Abad était 'un chaud lapin'"

Mais même en l’absence de procédure judiciaire en cours, Etienne Liebig juge que Damien Abad ne peut rester en poste: "On peut attendre les résultats des procès et on dit que c'est jugé. Mais souvent, il n'y a pas de plainte. Cependant, on n'attend généralement pas le résultat des procès parce que ça met un temps infini. Mais en étant suspecté de faits aussi graves, ça me paraît compliqué de rester dans le gouvernement", estime-t-il.

En plus du signalement de l'observatoire de violences contre les femmes, de nombreuses voix chez LR assurent avoir été au courant de comportements insistants, et d'un ministre "rompu à la drague lourde par message", comme l'assure Pierre-Henri Dumont, député LR du Pas-de-Calais auprès de Libération.

"C'est de notoriété publique dans l'Ain que Damien Abad était selon deux conseillers départementaux 'un chaud lapin' et 'extrêmement insistant avec les femmes'", assure sur RMC Frédéric, un auditeur originaire du département dont Damien Abad a été président du conseil départemental et est toujours député.

"Je n’étais pas au courant. Sur tous les sujets d’agressions sexuelles et d’harcèlement, il ne peut y avoir aucune impunité. S’il y a des nouveaux éléments et que la justice est à nouveau saisie, nous en tirerons toutes les conséquences", a assuré de son côté la Première ministre Elisabeth Borne. En attendant, Damien Abad sera bien présent au premier Conseil des ministres.

G.D.