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"Evidemment que j'y pense": comment Laurent Wauquiez se positionne pour la présidentielle de 2022

Laurent Wauquiez s’est montré assez clair sur ses intentions en vue de la présidentielle 2022 ce mercredi sur RMC.

Le président des Républicains Laurent Wauquiez a répété deux fois ce mercredi face à Jean-Jacques Bourdin sur RMC “qu’évidemment” il pensait à la présidentielle de 2022 tout en expliquant que la droite, qu’il compte incarner, doit "faire ses preuves" d’ici là.

"Evidemment que j’y pense! (...) Mais mon devoir de politique est de mettre de temps en temps de côté son ego. Vous ne croyez pas que j’ai vu qu’on a perdu, que la droite a écoeuré. Et vous pensez, alors qu’on vient de prendre une gigantesque défaite, que je vais venir sur votre plateau en disant: 'Attention 2022 c’est nous'. Qu’on commence par faire nos preuves".

"C'est la première fois depuis longtemps qu'il le dit comme ça"

Marion Mourgue, grand-reporter au Figaro, a décrypté cette interview dans Bureau de vote sur RMC juste après cette interview, et rappelle que c’est une des premières fois qu’il parle de cet objectif de 2022. “Il l’a dit très clairement (ce matin), tout en nuançant un petit peu. C’est la première fois depuis longtemps qu’il le dit comme ça, publiquement et précisément. C’est un objectif qu’il a en tête.”

La journaliste pense également qu'il est "assez clair" que le leader des Républicains est en train d’aller chercher les voix des électeurs du Front national. "Et il le dit, c’est à dire qu’il faut aller chercher les 30-35% de Français qui ont voté ou qui sont intéressés par le FN", a-t-elle expliqué sur RMC, quelques minutes après l’interview.

C’est pour cette raison, selon elle, que Laurent Wauquiez "martèle" le message de "défenseur des classes populaires". "Il parle de la hausse de la CSG, de la hausse du plein d’essence, il est sur des thématiques très quotidiennes".

"S'il réussit aux Européennes, ça le positionne en challenger"

Celui qui est également président de la région Rhône-Alpes, dont il fait un "laboratoire" de sa politique, peut-il se positionner de la sorte malgré son passé d’énarque? "Il affirme qu’il a évolué au contact du terrain et des rencontres avec les Français", rappelle Marion Mourgue. "Il ne le voit pas comme un revirement, mais comme une évolution, après il y a un débat de sémantique...".

D’ici à 2022, il y aura de nombreuses échéances dont les élections européennes de 2019 qui pourront le mettre, ou non, sur orbite. Il cherche d’ailleurs un espace entre l’euroscepticisme total de Marine Le Pen et Emmanuel Macron pour pouvoir exister dans l’opposition. "S’il réussit (aux européennes), cela le positionne en challenger (...) Et ce qui compte pour Laurent Wauquiez est d’apparaître comme le challenger d’Emmanuel Macron. On le voit sur les migrants, sur Notre-Dame-des-Landes, pour chaque position à prendre et il se positionne 'contre'", analyse la grand-reporter du Figaro.

"Si les ténors continuent à planter des couteaux dans le dos, ça va être compliqué"

Des embûches sont toutefois semées sur la route qui mène à 2022. Les anciens ténors du parti comme Xavier Bertrand, Dominique Bussereau et Alain Juppé ont pris leurs distances avec Les Républicains en raison de la ligne droitière proposée par Laurent Wauquiez. Ce qui a des avantages et des inconvénients pour le chef des Républicains. 

"La difficulté pour lui est d'arriver à rassembler la droite. Sa force est, comme ils sont tous partis, d'être entouré par une nouvelle génération. Si cette génération arrive à exister, il sera parvenu à créer sa petite boutique et LR pourra reprendre du poil de la bête. En revanche, si les ténors continuent à planter des couteaux dans le dos, ça va être compliqué". 

Arrivé seulement depuis deux mois à la tête des Républicains, il lui reste également à boucler la question du projet qui devra parvenir à fédérer les siens, et attirer de nouveaux électeurs. Pour pouvoir définitivement se mettre en marche vers 2022.

James Abbott avec J.-J. Bourdin