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L'abstention, une nouvelle fois premier parti de France: "ça ne sert à rien de voter"

10 millions et demi d'électeurs ne sont pas allés voter dimanche, à l'occasion du premier tour de la présidentielle, soit un taux de 22,23%, en légère hausse par rapport à 2012. RMC s'est rendue à Roubaix, où un électeur sur trois s'est abstenu.

Pas de doute, c'est bien le premier "parti" de France: l'abstention. Dimanche, à l'occasion du premier tour de la présidentielle, et malgré la présence de 11 candidats de toute tendance politique, 10 millions et demi d'électeurs ne sont pas allés voter (soit un taux de 22,23%, en légère hausse par rapport au premier tour de l'élection présidentielle de 2012, à 20,53%).

Dans certaines villes, comme Roubaix, dans le Nord, l'abstention a même dépassé les 37%. RMC s'est rendue dans la ville et y a rencontré deux jeunes abstentionnistes. Zino et Tony, tous deux 18 ans, avaient pourtant l'occasion de participer à leur premier scrutin dimanche dernier. "Pour moi ça sert à rien de voter, assène tout de go Zino. De toute façon, la politique ça ne m'intéresse pas".

"La politique ça ne m'intéresse pas"

Pourtant, si Tony s'est abstenu au premier tour, la perspective d'une victoire de Marine Le Pen le 7 mai prochain semble le décider à aller glisser un bulletin dans l'urne. "Je n'ai pas envie que Le Pen passe. C'est du racisme. Pour moi son père, c'était déjà un gros raciste. Alors là si je dois voter, j'irai même à contrecœur voter Macron".

Une petite phrase qui fait douter son ami. "En fait, je ne sais pas, dit Zino. Peut-être que je vais aller voter au second tour, il a raison. Il faut voter me, ma... comment il s'appelle, déjà? Oui, Macron, et c'est tout".

Un élu Front national: "ces abstentionnistes, on va aller les voir"

Les abstentionnistes du premier tour, comme Zino et Tony, sont convoités par le Front National, Marine Le Pen ayant absolument besoin d'eux pour espérer passer devant le candidat d'En Marche!. "Il y a probablement chez les personnes qui se sont abstenues la possibilité d'une mobilisation, confirme Alexis Salmon, conseiller régional du Front national dans les Hauts-de-France. On va aller les voir. Ça va faire partie de notre campagne de l'entre-deux tours". Mobiliser le tiers d'électeurs roubaisiens qui ne sont pas déplacés s'annonce comme un challenge compliqué.

P. Gril avec Benoît Ballet