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L’ancien ministre Joël Giraud officialise sa candidature à la présidence de l’Assemblée nationale

Joël Giraud, alors ministre de la Cohésion des territoires, à la sortie du Conseil des ministres à l'Elysée, le 11 mai 2022.

Joël Giraud, alors ministre de la Cohésion des territoires, à la sortie du Conseil des ministres à l'Elysée, le 11 mai 2022. - Ludovic MARIN / AFP

EXCLU RMC. Réélu dimanche député des Hautes-Alpes, l’ancien ministre Joël Giraud est le premier à déclarer officiellement sa candidature pour le "Perchoir", le très stratégique poste de président de l’Assemblée Nationale.

C’est l’ouverture du bal des prétendants. Les candidats au très prisé poste de président de l’Assemblée nationale ont jusqu’à ce mardi soir 18h pour se déclarer officiellement et faire acte de candidature. Et la course s’annonce serrée pour désigner le successeur de Richard Ferrand, très proche d’Emmanuel Macron, battu dans sa circonscription du Finistère.

Joël Giraud, ancien secrétaire d’Etat en charge de la Ruralité et ancien ministre de la Cohésion des territoires, est le premier d’entre eux à se lancer officiellement. Fin connaisseur de l’Assemblée nationale, il fut rapporteur général du budget. Le député des Hautes-Alpes entame son 5e mandat.

"La composition de notre Assemblée nous oblige. La recherche du compromis doit être notre priorité pour faire avancer la France et les réformes écologiques, sociales et économiques pour lesquelles Emmanuel Macron a été élu", explique-t-il au micro de RMC (interview à retrouver en intégralité ci-dessous).

"Il est clair que le prochain président de l’Assemblée devra être capable de tenir la séance"

"Le prochain président de l’Assemblée nationale doit être un député expérimenté, à même de saisir les problématiques territoriales et respectueux des droits de l’opposition et des prérogatives de la majorité. Il sera le garant républicain de cet équilibre entre oppositions et majorité, son rôle sera plus que jamais fondamental", ajoute Joël Giraud, qui a conscience de la difficulté de la tâche face à une forte opposition.

"Il est clair que le prochain président de l’Assemblée devra être capable de tenir la séance, reconnait le député des Hautes-Alpes. En faisant partie des députés les plus actifs de la précédente mandature, tout en ayant fait face à différents incidents de séance, je me sens prêt à affronter toutes les situations qui se présenteront. Avec moi, le Parlement sera un lieu vivant, mais je ne laisserai aucun incident bloquer son fonctionnement."

Pour le "perchoir", les noms de l’actuelle ministre des Outre-Mer Yaël Braun-Pivet, de Barbara Pompili ou encore de Roland Lescure circulent avec insistance. L’élection du président de l’Assemblée nationale aura lieu le mardi 28 juin. Mercredi, les députés du groupe de La République en marche éliront d’abord leurs présidents de groupe.

Joël Giraud, pourquoi êtes-vous candidat à la présidence de l’Assemblée nationale ?

Élu depuis plus de vingt ans député d’un territoire rural de montagne, j’ai eu l’honneur d’exercer durant plusieurs années des fonctions stratégiques à l’Assemblée nationale, dont je connais à la fois les arcanes et les usages, et durant lesquelles j’ai pu tisser des liens de respect et d’amitié avec de nombreux parlementaires de tous les bords politiques.

En tant qu’ancien Rapporteur général de la commission des Finances lors du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, j’ai eu la responsabilité de faire passer au Parlement plusieurs réformes fiscales importantes avec un souci constant d’écoute et de dialogue. Je crois en deux crédos : la valorisation des initiatives parlementaires et la recherche des consensus nécessaires. À plusieurs reprises, comme par exemple, sur le sujet des veuves de guerre ou en matière de finances locales, j’ai accepté des propositions venant des oppositions, sans sectarisme aucun, et travaillé à un compromis qui a réuni l’unanimité des groupes.

Outre mes mandats parlementaires, je suis viscéralement attaché au mandat d’élu local et j’ai toujours souhaité, durant mes deux années au gouvernement, grâce à la confiance accordée par le Président de la République et le Premier ministre, appuyer au mieux les élus locaux et nationaux afin de les aider à résoudre les problématiques rencontrées partout sur le territoire.

Enfin, soutien de la première heure du président de la République, député radical et membre à part entière de la majorité présidentielle, j’ai à cœur depuis 2017 de défendre et de participer au projet d’Emmanuel Macron. La composition de notre Assemblée nous oblige. La recherche du compromis doit être notre priorité pour faire avancer la France et les réformes écologiques, sociales et économiques pour lesquelles Emmanuel Macron a été élu.

La situation politique est inédite, et compte tenu des résultats de dimanche, l’Assemblée nationale promet d’être un bouillant chaudron. Quelles seront les qualités nécessaires au Président de l’Assemblée nationale ?

Le prochain président de l’Assemblée nationale doit être un député expérimenté, à même de saisir les problématiques territoriales et respectueux des droits de l’opposition et des prérogatives de la majorité. Il sera le garant républicain de cet équilibre entre oppositions et majorité, son rôle sera plus que jamais fondamental.

De par mon expérience professionnelle et personnelle, l’art du compromis et de la négociation parlementaire font partie de mon ADN. De cette situation politique inédite, qui n’est que le respect du choix des Français, je suis déterminé à en faire émerger une nouvelle façon de travailler, en réinventant la méthode de travail de nos institutions et oui, je le dis, en réinventant notre cinquième République. À ce titre, je mettrai tout en œuvre, en tant que président de l’Assemblée nationale, pour faire avancer le pays. Ainsi, si je suis élu, je m’engage à poursuivre dans cette voie faite d’échanges, d’écoutes et de dialogue, pour un Parlement équilibré et efficace.

Redoutez-vous l’ambiance explosive promise par les oppositions, à commencer par la NUPES et le Rassemblement national ?

Non, l’Assemblée nationale est le lieu du débat et de la confrontation des idées qui traversent notre société. Ce débat est sain dans la mesure où il respecte nos valeurs républicaines. Il faudra toutefois éviter toute situation de blocage. Je veillerai aux droits de l’opposition mais je saurai aussi appliquer le règlement de l’Assemblée nationale pour éviter l’obstruction.

Il est clair que le prochain président de l’Assemblée devra être capable de tenir la séance. En faisant partie des députés les plus actifs de la précédente mandature, tout en ayant fait face à différents incidents de séance, je me sens prêt à affronter toutes les situations qui se présenteront. Avec moi, le Parlement sera un lieu vivant, mais je ne laisserai aucun incident bloquer son fonctionnement.

Les défaites de Richard Ferrand ou Christophe Castaner peuvent-elles permettre de faire émerger de nouvelles têtes d’affiche au sein de la majorité présidentielle, à l’Assemblée nationale ?

Richard Ferrand et Christophe Castaner, chacun dans leur rôle, ont rendu de grands services au Parlement et au pays. Chaque législature est différente. De nouveaux députés vont prendre des responsabilités, chacun avec des compétences multiples et variées, chacun avec des affinités qui lui sont propres. C’est un ballet républicain immuable et le propre de notre démocratie. Le plus important est de se mettre rapidement au travail, et ce de manière constructive. Les Français l’attendent, notamment sur l’écologie et le pouvoir d’achat. Je suis déterminé à les y aider.

Paul Barcelonne (édité par J.A.)