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Législatives: Richard Ferrand, fidèle soutien d'Emmanuel Macron, chute du perchoir

Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, s'est incliné au second tour des élections législatives ce dimanche en Bretagne. Il a été battu par un jeune candidat du PS.

Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, fait partie des grands battus des législatives ce dimanche. Une claque qui arrive à quelques jours de son soixantième anniversaire. Il est battu chez lui en Bretagne par une jeune prof de français investi par le Parti socialiste, son ancien parti.

Richard Ferrand avait pris sa carte au PS à 18 ans. Après des études de droit et d'allemand, il est devenu journaliste, à “Auto moto” puis à la “Dépêche du midi”, et même au “Monde”. Il devient ensuite entrepreneur, à 26 ans. Il crée une boîte de graphisme puis de communication, mais il continue à faire de la politique et s’implante en Bretagne. Il perd deux fois aux municipales à Carhaix, mais finit par se faire élire député en 2012. Il est plutôt à la gauche du PS, jusqu'à ce qu’il se rapproche d’Emmanuel Macron.

Cette rencontre va tout changer. Il est le premier député à le soutenir, le premier secrétaire général du nouveau parti “En Marche” et le premier bras droit d'Emmanuel Macron lors de la campagne de 2017.

Rattrapé par de nombreuses affaires

Un engagement qu’Emmanuel Macron saura récompenser. Richard Ferrand est ministre dans le premier gouvernement, puis président de l'Assemblée nationale depuis 2018. Il était jusqu'à dimanche soir le quatrième personnage de l’Etat.

Mais entre-temps, Richard Ferrand a été rattrapé par les affaires. C’est d’ailleurs pour cela qu’il n’est resté que quelques semaines au gouvernement. Il est mis en examen dans l'affaire des Mutuelles de Bretagne. Il avait loué au nom de l’entreprise un immeuble qui appartenait à sa compagne. On s’est aperçu, ensuite, que sa première épouse avait déjà bénéficié de subvention du Conseil général du Finistère alors que Richard Ferrand en était le vice-président.

Puis on s’est aperçu qu’il était resté salarié des Mutuelles de Bretagne une fois élu député, et qu’il intervenait dans tous les débats qui concernaient les mutuelles. Il a également employé son fils comme assistant parlementaire, alors qu’il avait été très sévère contre François Fillon dans le "Penélope gate”.

Malgré toutes ces casseroles, il est resté un des plus proches conseillers politiques d'Emmanuel Macron. Et ce sont finalement les électeurs qui l’ont sanctionné.

Nicolas Poincaré