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Législatives: Sophie Carnicer, la candidate RN moquée après un débat télévisé, est au second tour

Sophie Carnicer, candidate du Rassemblement national dans le Territoire-de-Belfort, moquée sur les réseaux sociaux après un débat télévisé, s'est qualifiée pour le second tour des législatives dans sa circonscription. Un score qui fait débat dans ce département qui a voté Marine Le Pen à 27 % lors de l'élection présidentielle.

Sur le marché de Belfort, le candidat de la Nupes, Florian Chauche, ne pensait surement pas qu'il tracterait au second tour contre la candidate du RN, Sophie Carnicer. Dans la deuxième circonscription du Territoire-de-Belfort, elle a terminé deuxième du premier tour, dimanche dernier, avec 19,15 % des voix contre 26,42 % pour le candidat de l'union de la gauche.

Sophie Carnicer est surtout connue pour le "bad buzz" qu'elle a provoqué sur les réseaux sociaux lors de la campagne du premier tour, en étant mise en difficulté lors d'un débat télévisé sur la locale de France 3. Destabilisée, elle s'est dite elle-même "pas préparée" à ce débat: "Je me suis retrouvée, comme ça, devant un mur, les caméras, le micro…"

"Ça m’a mis mal à l’aise de ne pas savoir de quoi elle parlait, de ne pas pouvoir faire de proposition concrète face à elle", explique son adversaire du second tour qui refuse de l'accabler mais serait d’autant plus frustré qu’elle lui ravisse le siège:

"Ça nous embêterait car les habitants ont besoin d’une personne qui puisse les défendre à l’Assemblée Nationale et si cette dame est élue, est-ce qu’elle aura les capacités de le faire?", explique le candidat de la Nupes.

"Elle a eu sa chance, elle l'a laissé passer"

Chez les électeurs du RN sur cette circonscription, la prestation de leur candidate divise. Certains lui trouvent des circonstances atténuantes. "C’est peut-être aussi le stress. On n’est pas parfait. Les Français s’en fichent, c’est le pouvoir d’achat qui les intéresse", juge Jean-Luc, électeur du RN qui découvre la vidéo et va quand même voter pour elle dimanche.

Chez d'autres, la séquence a fait des dégâts. Julia, qui vote d’habitude pour le camp de Marine Le Pen, votera blanc au second tour: "Elle a eu sa chance, elle l’a laissé passer. Tant pis, c’est comme ça ! C’est avec regret que je vous dis ça."

Forcément, le constat est encore plus sévère chez les autres électeurs. L'une juge sa prestation "désastreuse". D'autres comme Pascal, électeur de gauche, sont scandalisés:

"C’est catastrophique d’avoir une députée qui n’est pas capable d’aligner trois mots. Ça me fait peur. A part critiquer l’immigration, c’est tout ce qu’elle a. Les gens sont tellement mal-traités socialement que peu importe le candidat, ils votent Front National", juge-t-il.

"Je suis le peuple !"

Investie pour une question de parité, alors qu’elle voulait être suppléante, Sophie Carnicer s’est sentie peu formée pour mener cette campagne électorale. Mais cette mère célibataire, employée d’usine, estime représenter les préoccupations des électeurs.

"Je n'ai pas fait Sciences Po, mais ma vie personnelle vaut beaucoup d’années d'études: ce qu’il faut que je mange à la fin du mois, comment je gère… Je suis le peuple ! Je débats comme je débats, avec mes mots à moi. Les électeurs me font confiance par rapport à ce que je suis moi."

Très soutenue par son suppléant pendant sa campagne, elle espère si elle est élue recevoir une plus grosse formation, ce que son parti lui promet.

Hélène Terzian avec MM