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Législatives: vers une abstention record? "Faudra pas venir chouiner derrière" prévient Daniel Riolo

La campagne des élections législatives se déroule dans un contexte peu passionné, alors que le premier tour se tient ce dimanche. Sur RMC, Daniel Riolo assure ne pas avoir de problème avec ceux qui choisissent de ne pas voter, mais estime qu'ils n'auront pas le droit de se plaindre derrière.

A chaque élection, l'abstention semble gagner un peu plus de terrain. Plus encore qu'à la présidentielle, elle est attendue à un niveau record pour un premier tour de législatives (52 ou 53% selon les sondages contre 51,3% en 2017), et devrait jouer un rôle clé dans le scrutin des 12 et 19 juin.

L'abstention des jeunes et des classes populaires pourrait avantager la majorité actuelle, qui s'appuie sur un électorat plus âgé et plus aisé que celui du RN ou de l'alliance de la gauche (Nupes), estiment des spécialistes.

D'après un sondage Ifop mardi, la majorité présidentielle (Ensemble!) arriverait en tête en nombre de sièges à l'issue du second tour (275-310 sièges), mais sans certitude d'obtenir la majorité absolue de 289 députés. Elle devancerait l'alliance Nupes (LFI, EELV, PS, PC) autour de Jean-Luc Mélenchon qui pourrait atteindre entre 170 et 205 sièges, devant LR (35 à 55 députés) et le RN (20 à 50 sièges).

Chroniqueur dans l'émission Estelle Midi sur RMC et RMC Story, Daniel Riolo estime que ceux qui n'utiliseront pas leur droit de vote à l'occasion des législatives n'auront pas de légitimité pour se plaindre des mesures prises par l'Assemblée nationale dans les cinq années à venir.

"Faudra pas chouiner derrière! Faudra pas dire qu'on vit en dictature, qu'on n'est pas représentés, qu'on n'est pas contents de ce qui passe", tacle-t-il.

"Il est en effet probable qu'on ait une abstention importante"

Robert Sebbag, médecin et également chroniqueur, s'inquiète de cette tendance à l'abstention qui se confirme chaque année un peu plus. "Je suis effrayé car c'est une vraie crise de la démocratie. Il y a une érosion qui se fait d'année en année. Les gens ne croient plus à la démocratie représentative", selon lui.

Invité d'Estelle Midi, Benjamin Morel, maître de conférence à Paris 2 Panthéon-Assas, confirme que la mobilisation risque d'être faible ce dimanche notamment en raison notamment du timing de cette élection. "Il est en effet probable qu'on ait une abstention importante. Jean-Luc Mélenchon a motivé sa base électorale à aller voter mais l'électorat de la droite et l'extrême droite semble fondamentalement démobilisé car il n'y croit plus", assure-t-il.

Peut-il y avoir, dans ce contexte indécis, des résultats hors du commun? "On n'est pas tout à fait à l'abri d'une surprise", confirme Benjamin Morel. "Les possibilités d'une majorité sont faibles mais pas à exclure. Comment va réagir l'électorat de droite? Il peut y avoir la majorité présidentielle qui n'a pas une majorité absolue et pourrait être amener à composer avec d'autres partis".

J.A.